20 décembre 2017

Tout s'explique

Fin de campagne pour les élections en Catalogne

Comment s’est déroulée la campagne des responsables indépendantistes ?

Ouverte le 5 décembre, la campagne pour les élections régionales de Catalogne organisées demain s’est achevée hier. Le gouvernement de Madrid a convoqué ces élections après avoir mis sous tutelle la région en raison de la proclamation d’indépendance du Parlement catalan le 27 octobre. L’ancien président de l’exécutif catalan, Carles Puigdemont, a fait campagne par vidéoconférence et via les réseaux sociaux depuis Bruxelles, où il s’est réfugié. L’ancien vice-président de l’exécutif, Oriol Junqueras, poursuivi pour rébellion et sédition, est quant à lui en détention préventive dans une prison de Madrid. Dans une interview téléphonique à une radio catalane, il a reproché lundi à son ex-allié d’avoir fui à Bruxelles. « J’ai été en prison parce que je ne me cache pas et que je suis en accord avec mes actes, mes décisions, mes sentiments », a-t-il déclaré.

Quels sont les partis en lice ?

Contrairement au précédent scrutin de 2015, les partis indépendantistes n’ont pas conclu d’alliance, en raison du refus du parti de la Gauche républicaine de Catalogne d’Oriol Junqueras de s’allier au Parti démocrate européen catalan de Carles Puigdemont. Figure également dans les rangs indépendantistes le petit parti Candidature d’unité populaire, qui exige une rupture immédiate avec Madrid. Le parti de centre droit Ciudadanos, les socialistes catalans et les conservateurs du Parti populaire catalan s’opposent quant à eux à la sécession. Si le scrutin est serré, comme l’estiment les derniers sondages, aucune majorité ne pourra être formée sans l’appui de Catalogne en commun-Podem, allié régional de Podemos (gauche altermondialiste). Cette formation est hostile à l’indépendance, mais reproche à Madrid son intransigeance et réclame la libération des dirigeants indépendantistes incarcérés.

Qui dirige aujourd’hui la région ?

Le 27 octobre, le Sénat espagnol a validé les mesures présentées par le chef du gouvernement Mariano Rajoy en vertu de l’article 155 de la Constitution espagnole. Cet article permet au gouvernement d’adopter les « mesures nécessaires » pour contraindre le président d’une région autonome à respecter les obligations légales. Mariano Rajoy a alors annoncé la destitution de l’exécutif catalan, la dissolution du Parlement et la convocation de nouvelles élections, compétence relevant habituellement du chef du gouvernement catalan. Le 14 novembre, il a expliqué que les élections étaient organisées pour permettre « d’arrêter l’application » de l’article 155 de la Constitution, mais n’a pas précisé de calendrier.