22 décembre 2017

Tout s'explique

Victoire des indépendantistes en Catalogne

Quels sont les résultats des élections ?

Les partis indépendantistes ont obtenu la majorité des sièges au Parlement de Catalogne, à l’issue des élections régionales organisées hier. Ces élections avaient été convoquées le 27 octobre par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui avait également fait voter une mise sous tutelle de la région en raison de la proclamation de l’indépendance par le Parlement régional. Les trois partis indépendantistes cumulent 47,5 % des voix et 70 sièges, contre 72 dans la précédente assemblée (la majorité absolue est de 68 sièges). Les trois partis unionistes (favorables au maintien dans l’Espagne) obtiennent 43,5 % des voix et 57 sièges. Parmi eux, le parti Ciudadanos de centre droit arrive en tête (25,4 % des voix). Il est suivi de la liste menée par l’ancien président indépendantiste de l’exécutif régional Carles Puigdemont (21,7 %). Le Parti populaire de Mariano Rajoy s’effondre (4,2 %).

Comment sont-ils répartis géographiquement ?

Avec une participation de 82 %, le scrutin a largement mobilisé la population. Lors du référendum d’autodétermination organisé le 1er octobre, malgré l’interdiction de Madrid, par l’ancien gouvernement régional, elle s’était limitée à 42,3 % selon ce dernier. Les résultats d’hier révèlent une fracture profonde de la population, ainsi qu’une coupure géographique. Les listes indépendantistes ont réalisé leurs meilleurs scores dans les zones rurales. Ainsi, elles rassemblent 44 % des voix dans la circonscription de Barcelone, mais plus de 60 % dans celles, moins peuplées, de Lérida et Gérone. Le système électoral catalan amplifie au Parlement le vote des circonscriptions rurales. Ce décalage permet aux listes indépendantistes de s’octroyer près de 52 % des sièges avec 47,5 % des voix.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les différents partis doivent maintenant négocier pour composer une majorité avant le 6 février. Bien qu’arrivé en tête, le parti Ciudadanos ne peut espérer former une coalition disposant d’une majorité suffisante pour investir un nouvel exécutif. Contrairement au précédent scrutin, les deux principales formations indépendantistes ne se sont pas entendues pour présenter une liste commune et leurs relations se sont distendues pendant la campagne. Poursuivi pour sédition, rébellion et malversations financières en raison de l’organisation du référendum interdit par Madrid, Carles Puigdemont est visé par un mandat d’arrêt de la justice espagnole. Réfugié à Bruxelles, il s’est dit prêt aujourd’hui à regagner l’Espagne si des garanties lui sont données par Madrid. Il a proposé à Mariano Rajoy de le rencontrer hors d’Espagne. S’exprimant peu après, ce dernier a rejeté cette demande.