2 janvier 2018

Tout s’explique

La contestation se propage en Iran

Quelles sont les revendications des manifestants ?

Un mouvement de contestation se propage en Iran après avoir commencé jeudi à Mechhed, la deuxième ville du pays. Dimanche, des rassemblements ont eu lieu dans une quarantaine de villes. Au moins 21 personnes sont mortes, dont un policier, selon les autorités iraniennes. Les principaux slogans dénoncent la corruption et la situation économique du pays, malgré la levée de plusieurs sanctions internationales après la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015. Le chômage touche 12,7 % de la population active et 26,7 % des 15-24 ans, selon la Banque mondiale, un organisme de financement du développement. Le prix de certaines denrées alimentaires, comme celui des œufs, a augmenté de plus de 50 % en un an. Une partie des manifestants appellent à la démission du président modéré Hassan Rohani, à l’origine de l’accord sur le nucléaire et réélu pour un deuxième mandat en mai 2017.

Comment réagit le pouvoir iranien ?

Le Guide de la révolution iranienne, Ali Khamenei, s’en est pris aujourd’hui aux « ennemis de l’Iran », qui selon lui « ont employé divers moyens, argent, armes, politiques, appareils de renseignement, pour créer des troubles dans la République islamique ». Depuis dimanche, le président américain, Donald Trump, a exprimé plusieurs fois son soutien aux manifestants, évoquant la « corruption du régime » iranien. Dimanche, le président iranien Hassan Rohani s’est exprimé à la télévision nationale pour la première fois depuis le début des manifestations. Il a déclaré que ses citoyens « étaient libres de critiquer, voire de protester », reconnaissant les efforts à faire de la part du gouvernement, tout en affirmant qu’il ne tolérerait pas les « fauteurs de troubles ».

À quand remonte la dernière contestation d’ampleur en Iran ?

Ce mouvement de contestation est le premier d’ampleur en Iran depuis 2009. Des centaines de milliers d’Iraniens avaient alors protesté, principalement à Téhéran et dans d’autres grandes villes iraniennes, contre la réélection du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad, l’accusant de fraude. Les autorités avaient fermé l’université de Téhéran et bloqué de nombreux sites internet et applications de messagerie. Plusieurs journalistes étrangers avaient été arrêtés et des médias perquisitionnés. Les manifestations avaient été violemment réprimées, avec au moins 30 morts, selon les chiffres officiels. Les autorités avaient arrêté près de 2 500 personnes dans la seule ville de Téhéran et plusieurs opposants avaient été condamnés à la peine de mort à la suite des événements.