9 janvier 2018

Tout s'explique

Baisse des limitations de vitesse

Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de réduire la vitesse sur les routes ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé la baisse de la limitation de vitesse sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central (essentiellement des voies départementales et nationales), de 90 km/h à 80 km/h. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 3 477 personnes sont mortes sur les routes françaises en 2016. Il s’agissait de la troisième année consécutive de hausse de la mortalité routière. Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, avait lancé en juillet 2015 une expérimentation pendant deux ans de la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h sur trois tronçons de 86 km au total. Dans un courrier adressé dimanche à un sénateur demandant des détails sur les résultats, Édouard Philippe a déclaré que le test avait réduit le nombre de morts et d’accidents.

La baisse de la vitesse est-elle efficace pour réduire les accidents de la route ?

En 2014, le Conseil national de la sécurité routière, une instance interministérielle, avait conclu dans un rapport que le passage de 90 km/h à 80 km/h sur le réseau routier secondaire était la principale solution pour réduire la mortalité routière. Il affirmait que 200 à 400 vies pourraient ainsi être épargnées chaque année. En 2015, un an après la réduction de la limitation de vitesse de 80 km/h à 70 km/h sur le périphérique parisien, la préfecture de police de Paris a observé une baisse de 15,5 % du nombre d’accidents. La Suède, qui a instauré une limite à 70 km/h sur la plupart de ses routes secondaires en 1997, a vu depuis sa mortalité routière diminuer de deux tiers, selon l’OCDE. La limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires est déjà appliquée dans plusieurs pays européens comme le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suisse.

Quelles autres mesures ont été utilisées pour améliorer la sécurité routière ?

Outre la baisse de la limitation de vitesse, plusieurs mesures ont permis d’améliorer la sécurité sur les routes françaises. En 1972, les accidents avaient causé plus de 18 000 morts (cinq fois plus qu’aujourd’hui) et plus de 380 000 blessés en France. L’année suivante, le gouvernement a instauré le port obligatoire de la ceinture de sécurité à l’avant du véhicule hors agglomération. L’obligation a ensuite été élargie à l’usage en ville et aux passagers placés à l’arrière. Le taux maximum d’alcoolémie au volant a été revu à deux reprises. Depuis 1995, il est de 0,5 g d’alcool par litre de sang. Depuis 2003, plus de 4 000 radars automatiques ont été installés.