10 janvier 2018

Tout s'explique

Des contrats et le climat au cœur de la visite de Macron en Chine

Quels sont les engagements pris lors de la visite d’Emmanuel Macron en Chine ?

Emmanuel Macron a terminé aujourd’hui une visite d’État de trois jours en Chine. Son objectif principal était d’améliorer les relations économiques entre les deux pays, alors que la Chine est le pays avec lequel la France enregistre son plus gros déficit commercial. Il s’élevait à 30 milliards d’euros en 2016, selon la douane française. Les deux pays ont signé un accord pour la levée de l’embargo chinois sur la viande bovine française d’ici six mois. Il avait été instauré en 2001 à la suite de la crise de la vache folle. L’entreprise New Areva a conclu un contrat de 10 milliards d’euros pour la construction d’une usine de traitement des déchets nucléaires. Emmanuel Macron a annoncé une commande chinoise de 184 avions Airbus. Il a également passé un accord avec son homologue chinois Xi Jinping pour la création d’un Centre Pompidou provisoire à Shanghai pour une durée de cinq ans.

Pourquoi a-t-il mis l’accent sur le rôle de la Chine dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Le président français a annoncé lundi l’organisation pour 2018-2019 d’une « année franco-chinoise de la transition écologique ». Il a déclaré que sans la détermination de la Chine, l’accord de Paris « n’aurait sans doute pas résisté » à la décision du président Donald Trump de s’en retirer. La Chine est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, mais elle a récemment pris des engagements en matière de lutte contre la pollution. Le 19 décembre, elle a annoncé la création d’un marché du carbone, un système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre pour plafonner les émissions du pays. En janvier 2017, elle s’était engagée à investir 344 milliards d’euros dans les énergies renouvelables d’ici 2020.

La question des droits de l’homme a-t-elle été abordée ?

Lors de sa visite, Emmanuel Macron n’a pas abordé en public la question des droits de l’homme en Chine, affirmant que cette technique était « totalement inefficace ». Il a néanmoins déclaré qu’il en avait discuté en privé avec Xi Jinping. L’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch avait réclamé lundi qu’il appelle publiquement son homologue à des améliorations dans ce domaine. Elle demandait également qu’il s’engage en faveur de la liberté de mouvement de Liu Xia, la femme de l’opposant et prix Nobel de la paix 2010 Liu Xiaobo, mort en juillet. Celle-ci est assignée à résidence depuis 2010 sans avoir reçu de condamnation. La Chine a accentué l’an dernier son contrôle sur Internet en restreignant l’accès à certains fournisseurs de VPN, des réseaux privés virtuels qui permettent de contourner la censure.