15 janvier 2018

Tout s'explique

Mobilisation contre la violence en milieu carcéral

Quelles sont les raisons de la mobilisation des surveillants de prison ?

À l’appel des syndicats Ufap-Unsa Justice, CGT Pénitentiaire et FO Pénitentiaire, plusieurs centaines de surveillants de prison ont participé à un mouvement de blocage aujourd’hui. Ce mouvement a été déclenché en réaction à l’agression vendredi, dans la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), de trois surveillants par un détenu condamné pour terrorisme. Une centaine d’établissements (sur 186) ont été affectés par des blocages ou des débrayages au moins pendant quelques heures. Les syndicats dénoncent la violence envers les surveillants. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Justice, 4 122 agressions physiques contre le personnel ont eu lieu en 2014 (contre 3 230 en 2010). Plus généralement, les manifestants déplorent « l’absence de considération et de moyens en matière de sécurité », comme le décrit l’Ufap-Unsa Justice.

À quoi s’exposent les détenus violents en prison ?

Durant leur séjour en prison, les détenus sont soumis à un ensemble de règles issues du Code de procédure pénale. S’ils les enfreignent, ils s’exposent à des sanctions disciplinaires. Trois degrés de fautes existent en fonction de leur gravité et une commission de discipline est chargée de prononcer des sanctions à la mesure du fait reproché. Les fautes de premier degré, les plus graves, comprennent les violences physiques contre un membre de l’administration pénitentiaire ou un autre détenu. Elles peuvent donner lieu au confinement en cellule individuelle ou au placement en cellule du quartier disciplinaire pour 45 jours maximum. Lorsque les faits constituent des infractions pénales, comme c’est le cas pour des violences, ils peuvent aussi entraîner des poursuites judiciaires.

Comment sont incarcérés les détenus condamnés pour terrorisme ?

Début décembre, le ministère de la Justice comptait 505 détenus pour infraction à caractère terroriste et 1 150 détenus identifiés comme radicalisés. En 2016, le ministère avait annoncé la création de six quartiers d’évaluation de la radicalisation (QER) pouvant accueillir 120 détenus au total. Trois ont pour l’instant été créés, en Île-de-France. Des ateliers et des entretiens individuels sont organisés avec des éducateurs, des psychologues, des responsables religieux et des membres du service d’insertion et de probation. Cette évaluation, qui dure quatre mois, doit permettre d’adapter ensuite la détention en dehors du QER. Les prisonniers identifiés comme les plus sensibles sont alors redirigés vers des quartiers pour détenus violents ou soumis à l’isolement, tout en recevant un suivi individualisé.