17 janvier 2018

Tout s’explique

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes abandonné

Comment le gouvernement justifie-t-il sa décision ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé cet après-midi l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), dont le site avait été choisi par le gouvernement en 1970. « Un tel projet qui structure le territoire pour un siècle ne peut se faire dans un contexte d’opposition exacerbée de la population », a déclaré le Premier ministre. Afin de faire face à l’augmentation future du trafic aérien dans la région, il a déclaré que l’aéroport de Nantes-Atlantique serait « modernisé pour accueillir plus de passagers ». Ce dernier en a reçu un peu plus de 5 millions en 2017, tandis qu’un rapport de médiation remis au gouvernement en décembre estime à 9 millions par an le nombre de passagers en 2040. Édouard Philippe a également affirmé que le gouvernement aiderait la région Bretagne si elle souhaite agrandir l’aéroport de Rennes, qui a dépassé les 700 000 passagers l’année dernière.

L’abandon du projet va-t-il coûter de l’argent à l’État ?

Le groupe de construction Vinci avait signé en 2010 un contrat de 55 ans pour exploiter les aéroports de Nantes et de Saint-Nazaire, ainsi que le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le contrat prévoit l’indemnisation du concessionnaire en cas de résiliation par l’État. Michel Badré, l’un des médiateurs nommés par le gouvernement, a déclaré lors de la remise du rapport en décembre que le montant de la compensation pourrait atteindre au maximum 350 millions d’euros, en fonction des négociations entre les pouvoirs publics et Vinci. Le rapport estimait que le réaménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique coûterait entre 270 millions et 365 millions d’euros de moins que la construction d’une nouvelle infrastructure à Notre-Dame-des-Landes.

Qu’a annoncé le gouvernement concernant l’évacuation des occupants du site ?

Édouard Philippe a déclaré vouloir « mettre fin à la zone de non-droit qui prospère depuis près de 10 ans » à Notre-Dame-des-Landes, où vivent plusieurs centaines d’opposants à la construction de l’aéroport. Le chef du gouvernement a donné aux « occupants illégaux » jusqu’au printemps pour partir, avant leur expulsion. Il a demandé que la circulation routière sur le site ne soit plus entravée par les militants anti-aéroport. Dans un communiqué commun, les collectifs d’opposants ont promis de permettre la réouverture de la principale route départementale passant par le site, mais se sont opposés à « toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre ainsi qu’à en prendre soin ».