19 janvier 2018

Tout s'explique

L’ancien président catalan veut gouverner depuis Bruxelles

Carles Puigdemont peut-il diriger la Catalogne depuis l’étranger ?

L’ancien président de la Catalogne Carles Puigdemont a déclaré aujourd’hui à la radio publique catalane qu’il comptait diriger la région depuis Bruxelles grâce aux « nouvelles technologies ». L’ancien chef de l’exécutif catalan s’est réfugié dans la capitale belge après avoir été destitué par le gouvernement espagnol en réaction à la déclaration d’indépendance votée par le Parlement catalan le 27 octobre. Poursuivi par la justice espagnole, Carles Puigdemont risque d’être incarcéré s’il retourne à Barcelone. Lundi, les services juridiques du Parlement catalan, dont l’avis n’est pas contraignant, ont déclaré qu’il était « essentiel » que le candidat à la présidence de la Catalogne soit présent dans l’hémicycle lors du débat d’investiture. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a prévenu le même jour que Madrid maintiendrait sa tutelle sur la Catalogne si Carles Puigdemont essaie de diriger la région depuis l’étranger.

Comment est choisi le président de la Catalogne ?

Les députés catalans ont élu mercredi l’indépendantiste Roger Torrent à la présidence du Parlement. Les trois députés indépendantistes en prison et les cinq en exil à Bruxelles n’ont pu prendre part au vote. Il revient maintenant à Roger Torrent de discuter avec les différents groupes politiques pour proposer un candidat au poste de président de la Catalogne. Lors d’une séance appelée « débat d’investiture », qui doit se tenir avant le 31 janvier, celui-ci devra présenter son programme et répondre aux questions des députés. Mardi, les deux principaux partis indépendantistes se sont entendus pour proposer Carles Puigdemont malgré sa présence à Bruxelles. S’il est désigné, ce dernier prévoit de participer à ce débat par visioconférence ou en se faisant représenter par un autre élu. Pour être investi, le candidat devra être élu par le Parlement.

Les indépendantistes ont-ils tous le même objectif ?

Dans son premier discours de président du Parlement catalan mercredi, Roger Torrent n’a pas prononcé une seule fois le terme « République de Catalogne ». La « défense de la République » figurait pourtant au programme de sa formation, la Gauche républicaine de Catalogne, pour les élections régionales du 21 décembre. Le nouveau président du Parlement a dit son intention de « recoudre la société » catalane, divisée par le référendum d’indépendance. Le dirigeant du parti indépendantiste CUP a critiqué ce discours, estimant qu’il n’allait « pas dans le sens d’une matérialisation de la République ». Troisième force indépendantiste, la CUP ne compte que quatre sièges de députés, mais ils permettent aux séparatistes d’être majoritaires au Parlement.