22 janvier 2018

Tout s'explique

Vote du SPD en vue d’une coalition en Allemagne

Quels sont les points qui restent à négocier pour la formation d’une coalition ?

Les délégués et les membres de la direction du parti social-démocrate allemand SPD ont approuvé hier par 362 voix contre 279 l’accord de principe signé par leur parti avec l’alliance de droite CDU/CSU le 12 janvier pour former une coalition. Ce vote permet l’ouverture de négociations sur un accord de gouvernement qui en détaille le programme. Le SPD a notamment obtenu l’inscription d’un renforcement de la zone euro et la création d’une retraite minimum. La direction du parti a précisé avant le vote qu’elle souhaitait encore négocier sur trois points en particulier : assouplir les règles du regroupement familial pour les réfugiés, encadrer le cumul des contrats à durée déterminée et réformer le système d’assurance santé allemand.

Quelles sont les prochaines étapes avant la nomination d’un nouveau gouvernement ?

La direction du SPD va désormais discuter d’un accord de gouvernement avec l’alliance CDU/CSU. Celui-ci sera soumis au vote des plus de 443 000 adhérents du parti. Si ceux-ci le rejettent, Angela Merkel aura le choix entre la formation d’un gouvernement minoritaire, qui devra négocier au cas par cas des coalitions au Parlement pour faire passer des projets de loi, et le déclenchement de nouvelles élections législatives. Lors des dernières, le 24 septembre, sa formation était arrivée en tête avec 32,9 % des voix, mais sans obtenir de majorité absolue. Angela Merkel avait tenté dans un premier temps de former une coalition avec le Parti libéral et les Verts, mais celle-ci a échoué fin novembre.

Comment le SPD a-t-il gouverné lors des deux précédentes grandes coalitions ?

Le SPD a déjà participé à deux coalitions avec Angela Merkel, de 2005 à 2009, puis de 2013 à 2017. L’alliance entre les sociaux-démocrates et les conservateurs est décrite comme une « Grande coalition » en Allemagne, car elle rassemble les deux principales forces politiques de gauche et de droite du pays. Lors de ces deux coalitions, le poste de vice-chancelier a été occupé par un membre du SPD. Le parti avait également obtenu plusieurs ministères d’importance, dont ceux des Affaires étrangères ou de la Justice dans le précédent gouvernement. Lors des négociations de coalition de 2013, le SPD avait demandé la création d’un salaire minimum, dont l’Allemagne s’est dotée deux ans plus tard.