23 janvier 2018

Tout s'explique

Le Forum de Davos confronté aux inégalités mondiales

À quoi sert le Forum économique mondial de Davos ?

La 48e édition du Forum économique mondial (WEF) a ouvert aujourd’hui à Davos, en Suisse, où elle se tiendra jusqu’à vendredi. L’événement accueille plus de 2 500 personnes, dont 1 900 dirigeants d’entreprise et 70 chefs d’État et de gouvernement. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, était le premier à s’exprimer aujourd’hui. Emmanuel Macron y prononcera un discours demain. Le WEF se tient tous les ans depuis 1971. Il est organisé par la fondation du même nom, présidée par l’économiste allemand Klaus Schwab et dont les revenus proviennent de l’adhésion de plus de 1 000 grandes entreprises (dont Google, Facebook, ArcelorMittal, Total, Veolia) qui peuvent envoyer un ou plusieurs représentants au forum annuel. Selon ses statuts, elle est un organisme sans but lucratif indépendant et impartial, dont le but est d’œuvrer à « améliorer l’état du monde » en favorisant les « collaborations entre public et privé ».

Quelles sont les prévisions du FMI concernant l’économie mondiale ?

La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, également membre du conseil d’administration de la fondation WEF, a annoncé hier à Davos les nouvelles prévisions du FMI concernant l’économie mondiale lors d’une conférence de presse. Celui-ci a revu ses prévisions de croissance mondiale à la hausse de 0,2 point pour 2018 et 2019, à 3,9 % du PIB mondial. Christine Lagarde a toutefois mis en garde contre les personnes « laissées pour compte de l’accélération de la croissance », rappelant qu’« un cinquième des pays émergents et en développement ont vu leur revenu par habitant baisser en 2017 ». Elle a appelé les dirigeants et chefs d’entreprise à prendre des mesures pour que cette croissance soit « plus inclusive ».

Quel est le point de vue du Forum économique sur la croissance ?

En 2011, Klaus Schwab avait appelé, dans une tribune publiée par Le Monde, à « abandonner les excès du capitalisme pour plus d’engagement social ». L’an dernier, le Forum économique mondial a proposé son propre outil pour évaluer la performance économique d’un pays sur la qualité de vie de ses habitants. Baptisé « Indice de développement inclusif », il comprend, outre la croissance, le taux de chômage, l’espérance de vie à la naissance, le taux de pauvreté, le revenu médian, la dette publique et les émissions carbone. Selon WEF, cet indice démontre qu’une « croissance relativement forte ne peut pas générer à elle seule des progrès socio-économiques ». 103 pays ont été évalués en 2018 : la Norvège, l’Islande et le Luxembourg figurent en tête du classement, tandis que le Malawi, le Lesotho et le Mozambique sont les trois derniers.