26 janvier 2018

Tout s'explique

Les ratés du dernier lancement d’Arianespace

Quel est le bilan des lancements d’Arianespace ?

Deux satellites, lancés hier par une fusée Ariane 5 depuis la base de Kourou, en Guyane, n’ont pas été mis en orbite à l’endroit prévu, a reconnu hier soir Arianespace. L’entreprise a perdu le contact avec le lanceur plusieurs minutes après son décollage et pendant près d’une demi-heure. Cet épisode interrompt la série de lancements réussis par la société, le dernier échec remontant à 2002. Entre le premier lancement d’une fusée Ariane 5 en 1996 et le précédent tir effectué mi-décembre, Arianespace a effectué 96 lancements de sa cinquième génération de fusées, pour un taux de réussite de 96 %. Il s’agit de son deuxième meilleur taux de succès, après les 97 % de la fusée Ariane 4, en exploitation de 1988 à 2003. Depuis sa création en 1980, Arianespace a mis en orbite plus de 570 satellites.

Comment fonctionne Arianespace ?

Arianespace assure à la fois la commercialisation et l’exploitation des systèmes de lancement développés par l’Agence spatiale européenne (ESA). Elle gère son programme Ariane, lancé en 1973, qui permet la mise en orbite de satellites et dont la sixième génération est attendue pour 2020. Arianespace assure également le lancement des fusées russes Soyouz et italiennes Vega depuis 2011. L’entreprise dispose de deux sites de lancement, celui de Kourou en Guyane et de Baïkonour au Kazakhstan. En 2017, l’entreprise a enregistré 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires et a battu son record de lancements, avec 11 tirs de fusées en une année. ArianeGroup, une coentreprise d’Airbus et Safran, détient 74 % des parts d’Arianespace après le rachat en 2016 de celles détenues par le Centre national d’études spatiales français.

À quelle concurrence l’entreprise fait-elle face ?

L’entreprise SpaceX, lancée en 2002 par le milliardaire américain Elon Musk, a pris en 2017 la place de numéro un du secteur à Arianespace, en effectuant 18 missions contre 11. Selon un rapport publié en décembre par l’Institut Montaigne, un centre de réflexion, ce succès repose principalement sur l’innovation technique et sur un soutien du gouvernement américain par le biais de commandes importantes. Depuis 2010, SpaceX exploite la fusée Falcon 9, dont l’un des étages peut désormais revenir sur Terre et être réutilisé lors de nouveaux lancements, permettant une réduction des coûts. La fusée Ariane 6 actuellement développée par Arianespace ne disposera pas de cette faculté. L’Institut Montaigne relève qu’« avant même son premier vol en 2020 », Ariane 6 pourrait apparaître « significativement plus chère que ses concurrentes », citant SpaceX, mais aussi Blue Origin, l’entreprise du fondateur d’Amazon Jeff Bezos.