5 février 2018

Tout s'explique

Les nationalistes corses appellent Macron au dialogue

Quel était l’objectif de la manifestation de samedi à Ajaccio ?

Le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, et le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, avaient appelé à une « grande manifestation » samedi à Ajaccio. Le rassemblement, organisé trois jours avant une visite dans l’île d’Emmanuel Macron mardi et mercredi, a réuni entre 5 600 personnes, selon la préfecture de Corse, et 25 000 personnes, selon les organisateurs. L’objectif avancé auprès de l’AFP par Gilles Simeoni avant le départ du cortège était de « convaincre le président, à travers une mobilisation populaire et pacifique, d’ouvrir un dialogue ». Réunis dans une coalition nationaliste, les autonomistes et les indépendantistes ont obtenu une large victoire électorale en décembre en remportant 41 des 63 sièges de l’Assemblée de Corse.

Quelles sont les revendications des nationalistes ?

Les principales demandes des nationalistes corses sont la reconnaissance du corse comme langue officielle, la création d’un statut de résident corse, le transfèrement des détenus corses dans l’île pour qu’ils y purgent le reste de leur peine et l’inscription dans la Constitution de la « spécificité corse ». Le statut de résident a été voté par l’Assemblée de Corse en avril 2014 et prévoit qu’il soit nécessaire d’avoir établi sa résidence principale dans l’île depuis au moins cinq ans pour pouvoir y acheter un terrain ou un logement. Cette mesure vise à répondre à la difficulté des Corses à se loger face à la montée des prix entretenue par la demande émanant d’habitants du continent et d’étrangers. Non conforme au principe d’égalité des citoyens inscrit dans la Constitution et aux règles européennes, elle n’est pas appliquée.

Quel est le statut de la Corse ?

Depuis le 1er janvier, la Corse est administrée par une collectivité unique issue de la fusion de la région et des deux départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Ses institutions se composent de l’Assemblée de Corse, dont les membres sont élus au suffrage universel, et d’un Conseil exécutif, élu par l’Assemblée et responsable devant elle. Le président du Conseil exécutif est chargé de préparer et d’exécuter les délibérations de l’Assemblée. La Corse a obtenu à travers plusieurs réformes statutaires, en 1982, 1991 et 2002, des compétences spécifiques en matière d’aménagement du territoire, de transports, d’environnement ou de tourisme.