6 février 2018

Tout s'explique

Forte baisse à la Bourse de New York

Peut-on parler de krach boursier ?

Le principal indice de la Bourse de New York, le Dow Jones, a perdu 4,6 % lors de la séance d’hier, soit sa plus forte chute depuis 2011. Ce recul a entraîné des mouvements similaires sur les marchés financiers asiatiques : ce matin, la Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 4,73 % et celle de Hong Kong de 5,12 %. La Bourse de Paris a terminé cet après-midi sa séance en baisse de 2,35 %. Cette chute ne peut toutefois pas encore être qualifiée de « krach ». Ce terme d’origine allemande a été employé pour la première fois pour désigner l’effondrement de marchés financiers en 1873 à Vienne et Berlin. Les investisseurs l’utilisent désormais pour décrire un phénomène de chute des valeurs boursières atteignant 20 % en quelques jours sur un ou plusieurs marchés.

Pourquoi la Bourse de New York a-t-elle autant perdu ?

Le mouvement de recul de la Bourse de New York a été amorcé vendredi par la publication de statistiques du département du Travail montrant que les salaires avaient progressé de 2,9 % en un an aux États-Unis. La hausse des salaires tend à augmenter la demande des consommateurs et à faire ainsi monter les prix des biens de consommation. Or, la Réserve fédérale américaine (la banque centrale) a annoncé en décembre qu’elle procéderait à plusieurs augmentations des taux d’intérêt en 2018 et particulièrement en cas d’accélération de l’inflation. La hausse des taux d’intérêt augmente le coût des emprunts des entreprises, réduisant leurs bénéfices, et elle rend les obligations émises par l’État plus rémunératrices. Elle rend ainsi les actions des entreprises cotées en Bourse moins attractives.

À quoi était due la hausse du Dow Jones depuis un an ?

Malgré le recul d’hier, le Dow Jones a tout de même gagné plus de 20 % depuis un an. La Bourse de New York, confortée par des taux d’intérêt faibles, a augmenté continuellement depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. L’ancien homme d’affaires avait promis de mener un grand programme de dépenses d’infrastructures et de faire voter une réforme fiscale très favorable aux entreprises. Celle-ci a été adoptée par le Congrès le 19 décembre. La hausse de la Bourse a également été portée par la croissance du pays, qui a enregistré une hausse de son produit intérieur brut de 2,3 % en 2017 et les bons résultats annoncés par les entreprises cotées.