19 février 2018

Tout s'explique

Plusieurs Russes mis en examen aux États-Unis

Quels sont les motifs d’accusation ?

La justice américaine a mis en examen vendredi 13 citoyens et trois organisations russes dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Poursuivis pour « complot en vue de tromper les États-Unis », ils sont accusés d’avoir « interféré dans le système politique américain », en menant une « guerre de l’information », principalement par le biais des réseaux sociaux. Il leur est reproché d’avoir mis en place des opérations pour discréditer Hillary Clinton, ainsi que les candidats à la primaire républicaine Ted Cruz et Marco Rubio, et d’avoir cherché à soutenir le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders et Donald Trump. Le porte-parole de la présidence russe a nié aujourd’hui toute implication des autorités dans la présidentielle américaine de 2016.

Comment fonctionne l’entreprise russe Internet Research Agency ?

Sur les 13 personnes mises en examen, 12 ont travaillé pour l’entreprise russe Internet Research Agency, elle-même poursuivie. Située à Saint-Pétersbourg, celle-ci est spécialisée dans des opérations d’influence menées sur les réseaux sociaux. Elle compte plusieurs centaines d’employés dont la tâche principale consiste, selon d’anciens salariés, à diffuser massivement sur Internet des fausses informations ou des messages en faveur du gouvernement russe ou allant dans le sens de sa politique intérieure ou extérieure. Elle ne dépend toutefois pas officiellement de l’État russe. Selon l’acte d’accusation de la justice américaine, l’Internet Research Agency reçoit des financements de la part d’Evgeny Prigogine, un homme d’affaires proche du président russe, Vladimir Poutine.

Où en est le reste de l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine ?

L’ouverture de l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine a été annoncée en mars 2017 par le directeur du FBI James Comey, limogé deux mois plus tard par Donald Trump. Le département de la Justice a alors nommé un procureur spécial, Robert Mueller, pour diriger l’enquête. Celle-ci porte notamment sur les liens de l’équipe de campagne de Donald Trump avec des représentants russes et sur le piratage de messageries électroniques dans le camp démocrate. Robert Mueller a déjà mis en examen quatre personnes proches de Donald Trump : son ancien directeur de campagne Paul Manafort, son vice-directeur de campagne Richard Gates et l’un de ses conseillers George Papadopoulos en octobre ; puis l’ex-secrétaire d’État à la sécurité intérieure Michael Flynn début décembre. Les deux derniers ont accepté de coopérer avec la justice après avoir plaidé coupables.