20 février 2018

Tout s'explique

Les réformes de la Grèce

Quelle est l’ampleur des prêts accordés à la Grèce ?

À l’issue d’une réunion hier à Bruxelles de l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro, son président, Mario Centeno, a déclaré que la Grèce avait entrepris 108 des 110 réformes réclamées par les créanciers du pays pour obtenir une nouvelle tranche d’aide de 6,7 milliards d’euros. Ce prêt fait partie du troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros maximum accordé à la Grèce en 2015 par les pays de la zone euro, qui doit s’achever en août. Auparavant, la Grèce avait déjà bénéficié de deux autres plans cofinancés par les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international : le premier en 2010, d’un montant de 72,9 milliards d’euros ; le deuxième en 2012, d’un montant 153,8 milliards d’euros.

Quelles réformes le pays a-t-il faites à la demande de ses créanciers ?

Pour obtenir l’intégralité des aides approuvées par ses créanciers, la Grèce a mis en place un grand nombre de réformes économiques depuis 2010. Dans un premier temps, elle a renforcé la flexibilité du marché du travail, supprimé les 13e et 14e mois dans la fonction publique, augmenté la durée des cotisations pour la retraite et dérégulé en partie certaines professions réglementées. Pour recevoir l’intégralité du deuxième plan d’aide en 2012, elle a réduit le salaire minimal, supprimé des postes de fonctionnaire, augmenté sa fiscalité et procédé à des privatisations. En 2015, la Grèce a consenti à une hausse de la TVA, un relèvement de l’âge de la retraite et une réduction des dépenses militaires. Le 15 janvier dernier, le Parlement grec a adopté une loi incluant une soixantaine de mesures encore réclamées par les créanciers, dont une nouvelle baisse des pensions de retraite et la mise aux enchères des biens immobiliers saisis.

Comment a évolué la situation économique de la Grèce ?

Depuis le début de la crise grecque, en 2010, la situation économique du pays s’améliore progressivement. La Grèce a renoué avec la croissance en 2017 après neuf années de récession, enregistrant une progression de 1,6 %, selon la Commission européenne. Le chômage, qui a atteint un pic à 28 % de la population active en 2013, est redescendu à 20,9 % en novembre, selon l’institut de statistique européen Eurostat. Il reste cependant le plus élevé des pays membres de la zone euro, où la moyenne est de 8,7 %. L’agence de notation financière S&P Global Ratings a relevé fin janvier sa note concernant la Grèce de « B-» à « B », affirmant que « les perspectives de croissance et budgétaires de la Grèce se sont améliorées avec parallèlement une reprise du marché de l’emploi et une période de relative stabilité politique ».