22 février 2018

Tout s'explique

La ZAD du site nucléaire de Bure évacuée

Pourquoi la ZAD du site nucléaire de Bure a-t-elle été évacuée ?

Des gendarmes ont expulsé aujourd’hui une quinzaine de personnes du bois Lejuc, dans la commune de Mandres-en-Barrois (Meuse), et perquisitionné la « Maison de la résistance » implantée dans la commune voisine de Bure. Ces deux sites étaient occupés par des opposants au projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo. Porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), un établissement public, il doit être construit à Bure et prévoit des cheminées d’aération sur le site du bois Lejuc. L’expulsion avait été ordonnée en avril par le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, saisi par l’Andra. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré à l’AFP que le gouvernement avait fini par appliquer la décision en raison de la volonté de l’Andra d’installer un bâtiment sur le site fin mars.

Où en sont les recours en justice ?

Les opposants au projet ont porté plusieurs actions en justice pour contester le projet Cigéo. L’association Sortir du nucléaire a saisi la justice en 2013 pour obtenir une reconnaissance du potentiel géothermique du site de Bure, ce qui invaliderait le choix de cet emplacement pour la construction du centre de stockage. Une première décision favorable à l’Andra a été rendue en 2015, confirmée en appel en 2017. L’association s’est pourvue en cassation. L’autre action principale porte sur la cession du bois Lejuc à l’Andra par la commune de Mandres-en-Barrois. Celle-ci a été annulée en février 2017 par le tribunal administratif de Nancy pour vice de procédure. Le conseil municipal a pu procéder à un second vote favorable en mai. Un recours a été porté en justice par des habitants de la commune, rejeté en référé en juillet. Il doit encore être examiné sur le fond.

Quand est prévue l’ouverture du site ?

Cigéo doit accueillir sous terre jusqu’à 83 000 m3 de déchets nucléaires radioactifs. Il s’agira des résidus les plus dangereux, responsables de 99 % de la radioactivité produite par l’ensemble des déchets nucléaires en France. La date d’ouverture du site n’est pas encore fixée. En juillet, l’Andra a décidé de repousser à 2019 le dépôt de sa demande d’autorisation de construction du site auprès de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), une agence publique indépendante. Celle-ci procédera à une enquête avant de rendre son avis. En parallèle, une enquête publique sera lancée pour évaluer et limiter les impacts du projet. Si l’avis rendu par l’ASN est positif, le gouvernement publiera un décret pour lancer la construction de Cigéo. Contacté par Brief.me, l’Andra estime que celle-ci ne débutera pas avant 2022, avec une mise en service aux alentours de 2030.