27 février 2018

Tout s'explique

Ouverture à l’interdiction du diesel en ville en Allemagne

Quelle est la portée de la décision de la justice allemande sur le diesel ?

Le tribunal administratif fédéral allemand a rendu aujourd’hui deux arrêtés obligeant les autorités de deux Länder (États fédérés) à prendre des mesures pour limiter la pollution au diesel à Stuttgart et Düsseldorf. Il leur demande expressément d’interdire les véhicules diesel émettant le plus de particules fines. L’association de protection de l’environnement Deutsche Umwelthilfe avait poursuivi en 2016 et en 2017 les deux Länder pour les forcer à réviser les plans de lutte contre la pollution de l’air dans ces deux villes. Les tribunaux administratifs locaux lui avaient donné raison, mais les Länder avaient fait appel. La décision prise par le tribunal administratif fédéral rend possible au niveau national l’extension de l’interdiction des véhicules diesel dans les villes. L’an dernier, 70 ont dépassé le seuil maximal de 40 microgrammes/m3 de dioxyde d’azote, établi par l’UE, selon l’Office fédéral allemand de l’environnement.

Quelles villes ont déjà pris des mesures pour lutter contre le diesel ?

12 villes, dont Paris, Londres et Los Angeles, se sont engagées en octobre à mettre fin d’ici 2030 à la circulation de tous les véhicules à combustion fossile (essence et diesel). Plus de 200 villes européennes ont mis en place des « zones à basse émission », où l’accès aux véhicules polluants est restreint, comme Stockholm dès 1996. Depuis 2015, Paris interdit aux bus, cars et poids lourds immatriculés avant 2001 de circuler dans la capitale entre 8h et 20h. Cette interdiction a été élargie en juillet aux véhicules diesel immatriculés avant 2001 et la municipalité s’est engagée à mettre fin à la circulation des véhicules diesel dans la capitale d’ici 2024. En juillet, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a souhaité que la France mette fin à la vente des véhicules diesel et essence d’ici 2040.

Quels sont les méfaits reconnus du diesel sur la santé ?

En 1988, le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait classé les émissions des moteurs diesel comme « cancérogènes probables » pour l’humain. L’OMS a finalement classé les gaz d’échappement des véhicules diesel comme « cancérogènes pour l’homme » en 2012, notant disposer à présent de suffisamment de preuves démontrant qu’une exposition à ces émissions entraînait une augmentation du risque de cancer du poumon et pouvait également donner lieu à un risque accru de cancer de la vessie. Le diesel rejette à la fois des particules fines et des oxydes d’azote dangereux pour la santé.