28 février 2018

Tout s'explique

156 députés réclament la possibilité de demander à mourir

Que demandent les 156 députés ?

Plus du quart des députés, pour la plupart issus du groupe La République en marche (LREM), se sont prononcés aujourd’hui, dans une tribune publiée par Le Monde, en faveur d’une loi donnant aux malades en fin de vie la possibilité de demander à mourir. Le choix du malade « doit être respecté » quand il est « libre, éclairé », réitéré et lorsque les « médecins ont confirmé l’impasse thérapeutique », estiment les députés, parmi lesquels la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM), le président du groupe rassemblant les députés PS Olivier Faure et l’ex-Premier ministre Manuel Valls. La fin de vie fait partie des thèmes abordés lors des États généraux de la bioéthique, une concertation de six mois lancée en janvier par le gouvernement. Lors de la campagne de la présidentielle, Emmanuel Macron a précisé qu’il ne se précipiterait pas pour légiférer sur l’euthanasie.

Que prévoit la législation actuelle ?

Adoptée en 2005, la loi Leonetti autorise les médecins à interrompre des actes médicaux sur un mourant s’ils apparaissent « inutiles » et sans autre effet qu’un « maintien artificiel de la vie ». En janvier 2016, la loi Claeys-Leonetti introduit un droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale. Le patient, souffrant d’une affection grave et dont le pronostic vital est engagé, doit être en proie à une souffrance qui résiste aux traitements. Cette loi n’autorise pas l’euthanasie, c’est-à-dire l’administration d’un produit provoquant la mort à la demande du patient. En 2015, plusieurs représentants des grandes religions monothéistes avaient exprimé leurs doutes sur la loi Claeys-Leonetti, dénonçant dans Le Monde « une nouvelle tentation : celle de donner la mort, sans l’avouer, en abusant de la “sédation” ».

Pourquoi certains Français choisissent-ils de mourir à l’étranger ?

Une minorité de pays, tels que la Belgique, les Pays-Bas ou le Canada, ont légalisé l’euthanasie. La Suisse autorise le suicide assisté : c’est le patient lui-même qui s’administre les produits mortels. Certains ressortissants français se tournent ainsi vers ces pays, notamment la Belgique et la Suisse. L’écrivaine Anne Bert, victime de la maladie de Charcot qui provoque une paralysie progressive des muscles, s’est ainsi adressée à un établissement belge où elle est morte en octobre. Elle a raconté avoir été rebutée par le coût de la démarche en Suisse, supérieur à 6 000 euros pour les étrangers. La procédure en Belgique, très encadrée, n’est ouverte qu’aux patients victimes d’une pathologie incurable, en proie à une souffrance insupportable et nécessite un suivi régulier avec le médecin.