1er mars 2018

Tout s'explique

Fin de campagne électorale en Italie

Quel est l’objet du scrutin de dimanche en Italie ?

Les Italiens votent ce dimanche pour élire les membres des deux chambres du Parlement : 630 députés et 315 sénateurs. Ce scrutin va se dérouler suivant une nouvelle loi électorale adoptée en octobre. Alors que les parlementaires étaient jusqu’ici élus à la proportionnelle, le nouveau système prévoit qu’un peu plus d’un tiers des parlementaires soient choisis selon le système majoritaire, les sièges étant attribués au candidat arrivé en tête du vote. Ce dispositif a été conçu pour favoriser des majorités plus stables. Il est soutenu par le Parti démocrate (centre gauche) auquel appartient le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, et Forza Italia, le parti de droite dirigé par l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, qui peuvent s’appuyer sur d’autres partis pour former des coalitions. Il est en revanche critiqué par le Mouvement 5 étoiles, qui dénonce la corruption des représentants politiques et refuse toute alliance.

Pourquoi l’Italie connaît-elle une forte instabilité politique ?

Dans le système politique italien, les deux chambres du Parlement ont le même pouvoir, ce qui complique l’adoption des projets de loi lorsqu’elles ont des opinions divergentes, contrairement au système français où l’Assemblée nationale emporte la décision. L’élection à la proportionnelle rend improbable l’obtention par un parti de la majorité absolue au Parlement et l’oblige à compter sur l’appui d’autres formations politiques, dont le soutien est plus ou moins durable. Depuis la création de la République en 1946, l’Italie a connu 64 gouvernements, alors que ceux-ci sont désignés pour une durée de cinq ans. Un autre phénomène ajoute à l’instabilité politique : selon l’ONG Openpolis, qui publie des données sur le fonctionnement du Parlement, 347 parlementaires sur 945 ont changé de parti depuis les élections de 2013.

Pourquoi l’immigration est-elle un des thèmes centraux de la campagne ?

70 % des arrivées de migrants par la mer en Europe ont été enregistrées en Italie l’an passé, selon l’Organisation internationale pour les migrations, rattachée à l’ONU. 119 310 migrants sont arrivés par la mer dans la péninsule en 2017, après 181 436 en 2016. Silvio Berlusconi, qui est inéligible en raison d’une condamnation, s’est prononcé début février pour le renvoi de près de 600 000 migrants qu’il estime arrivés illégalement en Italie. Il a tenu ces propos deux jours après l’agression par balles, dans le centre de l’Italie, de six personnes originaires d’Afrique par un ancien candidat du parti d’extrême droite La Ligue du Nord à des élections locales. Le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, a quant à lui estimé mi-février dans une interview au Monde que l’immigration échappait « à tout contrôle ».