2 mars 2018

Tout s’explique

Theresa May présente sa vision du Brexit

Qu’a déclaré Theresa May ?

La Première ministre britannique, Theresa May, a prononcé cet après-midi son troisième grand discours sur le Brexit après ceux de janvier et septembre 2017. Elle a concédé que le Royaume-Uni, comme l’Union européenne, n’aurait pas « exactement ce qu’il veut ». Elle a estimé que son pays devrait « accepter des engagements contraignants » comme de conserver une réglementation alignée sur celle de l’Union européenne dans certains domaines, tels que les aides publiques et la concurrence. Elle a déclaré que, puisque le Royaume-Uni quittera le Marché unique et l’Union douanière, chaque partie aura « moins accès que maintenant » au marché de l’autre. Elle a toutefois affirmé sa volonté que son pays conclue avec l’Union européenne un partenariat « le plus large et le plus approfondi possible » avec « davantage de coopération que n’importe quel accord de libre-échange dans le monde aujourd’hui ».

Quels reproches les autres États membres de l’UE font-ils au Royaume-Uni ?

Le négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a présenté mercredi une première mouture de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Il a mis en avant la nécessité d’« accélérer » les discussions pour que le texte puisse être signé en octobre. C’est l’échéance qu’il avait fixée il y a trois mois pour que l’accord puisse être ratifié par le Parlement européen et tous les parlements nationaux avant le départ du Royaume-Uni, prévu fin mars 2019. Début février, Michel Barnier avait exhorté les Britanniques à « faire un choix » au sujet de leurs futures relations commerciales avec l’Union européenne. Le chef de l’opposition britannique, le travailliste Jeremy Corbyn, s’est prononcé lundi pour un maintien dans l’Union douanière, qui harmonise les droits de douane des États membres avec le reste du monde.

Pourquoi la situation de l’Irlande du Nord pose-t-elle problème ?

Les négociations sur le Brexit achoppent en particulier sur le cas de l’île d’Irlande. Celle-ci est séparée entre la République d’Irlande, qui va rester membre de l’Union européenne, et l’Irlande du Nord, qui appartient au Royaume-Uni et doit donc quitter l’UE. Michel Barnier et Theresa May ont affirmé leur volonté d’éviter de rétablir une frontière « dure » entre les deux Irlande, près de 20 ans après la signature de l’accord de paix ayant mis fin à presque 30 ans de conflit entre les partisans d’une Irlande unifiée et ceux défendant le maintien de la partie nord dans le Royaume-Uni. Le projet d’accord présenté mercredi par Michel Barnier propose de continuer à aligner l’Irlande du Nord sur les normes européennes dans des domaines comme les règles phytosanitaires ou le marché de l’électricité. Theresa May a estimé le même jour que ce projet minerait « le marché commun britannique et l’intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d’Irlande ».