5 mars 2018

Tout s’explique

Des élections sans majorité claire en Italie

Quelles sont les prochaines étapes avant la formation d’un gouvernement ?

Les Italiens ont élu hier les membres des deux chambres de leur Parlement. Selon les résultats encore provisoires du ministère de l’Intérieur, la coalition de droite qui rassemble quatre partis, dont la Ligue, de Matteo Salvini, et Forza Italia, de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, arrive en tête avec plus de 37 % des suffrages dans les deux chambres, suivie par le Mouvement 5 étoiles (M5S, 32 %), premier parti en nombre de voix, puis par la coalition de centre gauche (près de 23 %). Aucune de ces forces ne disposant d’une majorité absolue, une alliance devra être formée. Les négociations débuteront officiellement après l’ouverture de la nouvelle législature, le 23 mars. Si aucune majorité n’émerge, le président italien, Sergio Mattarella, pourra confier un « mandat exploratoire » à l’un des responsables politiques afin qu’il cherche à recueillir la majorité des votes des parlementaires, puis convoquer de nouvelles élections si aucun n’y parvient.

Quel est le programme du Mouvement 5 étoiles ?

Cofondé en 2009 par l’humoriste Beppe Grillo, le M5S se définit comme un mouvement « antisystème », ni de droite ni de gauche. Son programme s’est concentré initialement sur la dénonciation de la corruption des représentants politiques. Le M5S a gagné ses premières mairies en 2012 puis effectué son entrée au Parlement l’année suivante, avec un peu plus d’un sixième des sièges. Pour les élections législatives, le M5S a proposé l’instauration d’un revenu universel, une baisse de l’impôt sur le revenu, une retraite minimum et des embauches dans les forces de l’ordre. Le parti était à l’origine opposé à l’UE, ce qui l’a conduit à s’allier en 2014 au parti nationaliste britannique Ukip au Parlement européen. Pendant la campagne électorale, le nouveau dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a cependant déclaré que l’Italie devait garder sa place au sein de l’Union européenne.

À quel point l’extrême droite a-t-elle progressé en Italie ?

Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue, a affirmé lundi que son parti avait « le droit et le devoir de gouverner ». Sa formation est celle qui a recueilli le plus de voix (plus de 17 %) au sein de la coalition de droite, devant Forza Italia (14 %). À la tête de la Ligue depuis décembre 2013, Matteo Salvini a transformé le parti créé en 1991 pour revendiquer l’indépendance de la Padanie, le nord de l’Italie, en formation anti-immigration et anti-UE. En octobre, le parti, qui s’appelait jusqu’ici « Ligue du Nord » a raccourci son nom pour afficher ses ambitions nationales. Au sein de la coalition de droite se trouve également le parti Frères d’Italie, dont le logo arbore la flamme tricolore de l’ancien parti néofasciste MSI. Frères d’Italie a obtenu plus de 4 % des voix. Il a doublé son score par rapport aux élections de 2013. La Ligue l’a, elle, quadruplé.