16 mars 2018

Tout s'explique

Les civils syriens pris dans l’affrontement entre Turcs et Kurdes

Où en est l’offensive turque contre les Kurdes en Syrie ?

Après avoir atteint les abords d’Afrine le 10 mars, l’armée turque encercle désormais cette ville à majorité kurde du nord-ouest de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une organisation basée au Royaume-Uni proche de l’opposition et disposant d’un réseau d’informateurs sur le terrain. Seul un couloir humanitaire, ouvert au sud de la ville, permet aux populations civiles de fuir vers des villes tenues par le régime syrien. La milice kurde syrienne des YPG, alliée aux forces de la coalition internationale contre le groupe État islamique menée par les États-Unis, tient le canton d’Afrine depuis 2012 et défend seule la ville.

Quelle est la situation humanitaire à Afrine ?

Au moins 22 civils, dont sept enfants, ont été tués aujourd’hui dans des bombardements et des tirs d’artillerie des forces turques sur la ville d’Afrine, selon l’OSDH. Au total, l’organisme estime qu’au moins 249 civils, dont 43 enfants, sont décédés dans le canton d’Afrine depuis début janvier à cause des combats. Plus de 35 000 personnes ont fui la ville depuis 48 heures, selon l’OSDH. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme affirme avoir recueilli des témoignages selon lesquels les milices kurdes empêchent les civils de quitter Afrine. L’ONU a alerté aujourd’hui sur la dégradation des conditions de vie dans la ville. L’hôpital local « peine à faire face à l’afflux de blessés » et les habitants subissent une « pénurie d’eau ».

Pourquoi l’armée turque s’attaque-t-elle à Afrine ?

La Turquie a déclenché l’opération « Rameau d’olivier » le 20 janvier. Elle vise à expulser la milice des YPG du canton d’Afrine. Ankara considère que les YPG sont la branche armée en Syrie du PKK, une organisation politique et militaire kurde de Turquie. Ce groupe est qualifié de terroriste par les autorités turques, qui estiment que les zones sous le contrôle des YPG forment « une entité terroriste » à leur frontière. Le canton d’Afrine ne constitue qu’une petite partie du territoire géré par les Kurdes dans le nord de la Syrie, mais les forces américaines qui les soutiennent n’y sont pas présentes, et il est isolé des autres régions tenues par les Kurdes.