20 mars 2018

Tout s'explique

Nicolas Sarkozy placé en garde à vue

Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il en garde à vue ?

L’ancien président français Nicolas Sarkozy est en garde à vue depuis ce matin. Convoqué pour la première fois dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007, il est entendu par des policiers spécialisés dans la lutte anticorruption à Nanterre (Hauts-de-Seine). En fonction des éléments recueillis par les policiers, il peut ensuite être remis en liberté ou présenté aux magistrats chargés de l’enquête qui auront alors la possibilité de le mettre en examen. Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen dans deux autres affaires, l’une concernant la possible tentative de corruption d’un juge dans le but d’obtenir des renseignements sur son dossier judiciaire et l’autre liée à la société Bygmalion qui a organisé des événements pour sa campagne de 2012.

Sur quels éléments repose l’enquête ?

Le parquet de Paris a ouvert en avril 2013 une enquête contre X pour, entre autres, corruption active et passive, faux et usage de faux et abus de biens sociaux. Elle repose notamment sur une déposition de Ziad Takieddine, un homme d’affaires franco-libanais, qui a affirmé détenir les preuves du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. Selon Mediapart, l’enquête repose également sur des carnets manuscrits de l’ancien ministre du Pétrole libyen Choukri Ghanem, où sont mentionnés des versements à l’entourage de Nicolas Sarkozy, et un procès-verbal devant la Cour pénale internationale de l’ancien chef des services secrets libyens Abdallah Senoussi, qui a déclaré avoir versé 5 millions d’euros pour la campagne de Nicolas Sarkozy.

Quelles sont les personnes mises en examen dans ce cadre ?

Ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, puis directeur de sa campagne lors de la présidentielle de 2007, Claude Guéant a été mis en examen dans cette affaire en 2015. Il lui est reproché la vente fictive de deux tableaux, explication qu’il a donnée pour justifier la provenance de 500 000 euros sur un de ses comptes. Ziad Takieddine a été mis en examen en décembre 2016, après avoir affirmé un mois plus tôt à Mediapart, lors d’un entretien filmé, avoir remis à Claude Guéant trois valises d’argent liquide provenant du régime libyen.