22 mars 2018

Tout s'explique

Mobilisation des fonctionnaires et des cheminots

Pourquoi certains fonctionnaires font-ils grève et manifestent-ils ?

Sept des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique (CGT, FO, FSU, CFE-CGC, CFTC, FA-FP et Solidaires) ont appelé les fonctionnaires à faire grève et à manifester aujourd’hui. Plus de 180 rassemblements étaient organisés en France, réunissant plus de 500 000 personnes, selon la CGT. Les syndicats dénoncent le projet gouvernemental de réforme de la fonction publique. Début février, le Premier ministre a annoncé le lancement d’une concertation avec les syndicats pour discuter d’une rémunération plus individualisée des fonctionnaires, de leur évolution de carrière – en favorisant leur mobilité ou leur départ vers le secteur privé – ainsi que d’un recours plus important aux agents contractuels. Dans son programme pour la présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir supprimer 120 000 postes de fonctionnaires au cours du quinquennat.

Quel mouvement prévoient les cheminots ?

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT, CFDT, Sud-Rail, Unsa) ont également appelé les cheminots à manifester aujourd’hui. Ils ont annoncé cette mobilisation mi-février, après la remise au gouvernement du rapport Spinetta sur l’avenir de l’entreprise ferroviaire. Celui-ci prévoit notamment la suppression du statut de cheminot pour les nouvelles embauches. Les syndicats ont programmé une grève intermittente de 36 jours à partir du 3 avril, avec deux jours de grève suivis de trois jours travaillés. Un planning est prévu jusqu’au 28 juin, qui pourra être modifié en fonction des concertations avec le gouvernement. Il n’existe pas de service minimum pour les cheminots, mais ils doivent prévenir leur direction 48 heures à l’avance de leur souhait de prendre part à la grève. La direction de la SNCF définit alors les lignes prioritaires sur lesquelles affecter les salariés non grévistes.

Quelle est la nouveauté dans l’évaluation du nombre de manifestants ?

Lors des manifestations, il est d’usage de fournir le nombre des manifestants selon les syndicats et selon la police, ceux-ci variant régulièrement de un à trois, voire plus. En 2015, un rapport réalisé par des chercheurs de l’EHESS, de l’Insee et de l’Université Paris-I avait établi que la méthode utilisée par les policiers était la plus « opérationnelle ». Plusieurs médias, dont l’AFP, Radio France, France 2, Le Monde et RTL, se sont engagés à fournir aujourd’hui un chiffrage unique pour chacune des manifestations parisiennes, réalisé par le cabinet d’études Occurrence, qui a développé un système de comptage de foule. Celui-ci s’appuie sur deux capteurs placés en hauteur et reliés à un ordinateur qui tracent une ligne virtuelle et comptabilisent chaque manifestant qui la franchit. Pour recouper cette estimation, six comptages sont également effectués par des personnes. Occurrence a évalué aujourd’hui le nombre de fonctionnaires dans le cortège parisien à 34 700, contre 40 000 pour la CGT et 32 500 pour la préfecture de police.