26 mars 2018

Tout s'explique

Carles Puigdemont arrêté en Allemagne

Pourquoi Carles Puigdemont a-t-il été arrêté ?

L’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a été arrêté hier, dans le nord de l’Allemagne, près de la frontière avec le Danemark, et placé en garde à vue. Il revenait de Finlande où il avait rencontré des parlementaires et assisté à un séminaire. La police allemande l’a interpellé en application d’un mandat d’arrêt européen émis contre lui vendredi par la justice espagnole. Carles Puigdemont est poursuivi pour « rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l’autorité » en raison de l’organisation début octobre d’une consultation sur l’indépendance de la Catalogne, interdite par le Tribunal constitutionnel espagnol. Au total, 25 personnes ont été mises en examen vendredi, dont six font l’objet d’un mandat d’arrêt européen.

Que risque-t-il ?

Il appartient à un tribunal régional du Schleswig-Holstein de décider si Carles Puigdemont doit être placé en détention ou libéré sous conditions. La justice allemande disposera ensuite de 60 jours pour étudier la légalité des poursuites et décider s’il doit être remis aux autorités espagnoles. Le tribunal doit examiner si des poursuites similaires à celles formulées par la justice espagnole existent dans le droit allemand. Le Code pénal allemand prévoit un crime de « haute trahison envers l’État » commis par « la force ou menace d’usage de la force ». S’il est renvoyé dans son pays, Carles Puigdemont risque jusqu’à 30 ans de prison.

Où en est l’élection à la présidence de la Catalogne ?

Réfugié en Belgique depuis octobre, Carles Puigdemont avait déclaré en janvier son intention de briguer un nouveau mandat à la présidence de la région de Catalogne puis y avait finalement renoncé début mars, en raison de l’impossibilité de se présenter devant le Parlement sans être arrêté à son arrivée en Espagne. Jordi Sanchez, un autre leader indépendantiste, a renoncé à son tour mercredi à se présenter, étant incarcéré et n’étant pas autorisé par la justice espagnole à sortir pour l’investiture. Puis un troisième, Jordi Turull, a été présenté au Parlement catalan jeudi, mais il n’a pas réussi à obtenir la majorité des voix. Un deuxième tour devait avoir lieu samedi, mais Jordi Turull fait partie des personnes mises en examen vendredi et il est depuis placé en détention provisoire.