27 mars 2018

Tout s'explique

L’instruction obligatoire à partir de trois ans

Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il rendre l’instruction obligatoire dès trois ans ?

Emmanuel Macron a annoncé ce matin vouloir abaisser l’âge de l’instruction obligatoire de six ans à trois ans à la rentrée 2019. Cette mesure sera proposée dans le cadre d’une loi, soumise au Parlement. Il souhaite faire de l’école « le lieu de l’égalité réelle », en éliminant notamment « l’inégalité devant le langage » pour « prévenir le décrochage scolaire ». Selon le ministère de l’Éducation nationale, 80 % des « décrocheurs », qui quittent le système scolaire à 16 ans sans bien savoir lire, écrire et compter, sont déjà en difficulté en arrivant en CP. Actuellement, 97 % des enfants de trois ans sont scolarisés à l’école maternelle. Il existe néanmoins des disparités territoriales, avec moins de 70 % des enfants de trois ans scolarisés en Guyane et à Mayotte, 87 % en Corse et 93 % à Paris. L’âge de l’instruction obligatoire à six ans avait été fixé en 1882.

Qu’en est-il dans le reste de l’Europe ?

En Europe, seule la Hongrie a rendu l’instruction obligatoire à trois ans. Elle débute à quatre ans en Suisse et au Luxembourg. Elle est obligatoire à partir de six ans dans la plupart des pays de l’Union européenne. Les enfants peuvent toutefois être accueillis plus tôt à l’école, souvent à partir de trois ans. La Suède et l’Espagne proposent des activités éducatives pour les enfants d’un an ou moins. La France possède un taux d’encadrement d’un enseignant pour 22 enfants en école maternelle, alors qu’il est en moyenne d’un pour 14 dans l’OCDE, qui regroupe les 35 pays les plus industrialisés.

Comment les élèves sont-ils pris en charge ?

Dans une note publiée mi-mars, France Stratégie, un organisme rattaché au Premier ministre, suggérait de renforcer l’encadrement des élèves et « d’améliorer la spécialisation des enseignants et la qualification des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) ». 52 000 Atsem assistent près de 86 000 professeurs des écoles en maternelle, selon le ministère de l’Éducation. Les Atsem sont chargés d’aider les enseignants pour l’accueil et l’hygiène des enfants. Ils assurent également la préparation et la propreté des locaux et du matériel. Un décret, publié début mars, a modifié leur statut en précisant qu’ils pouvaient participer à la « mise en œuvre des activités pédagogiques prévues par les enseignants ».