30 mars 2018

Tout s'explique

Des universités bloquées pour protester contre Parcoursup

Pourquoi des étudiants et des professeurs s’opposent-ils à la réforme ?

Les universités de Bordeaux, Montpellier, Nancy, Paris-I, Rouen et Toulouse sont actuellement bloquées, dont certaines depuis trois semaines, en raison de protestations contre la loi ayant instauré la plateforme Parcoursup, qui conditionne l’accès à l’enseignement supérieur. Le syndicat étudiant Unef en réclame le retrait. Le syndicat Fage, initialement favorable à la réforme, déplore la « sélection » mise en place, alors que tout bachelier pouvait jusqu’ici accéder à l’université dans la filière de son choix. Le président de l’université Paris-I, Georges Haddad, a déploré hier que le système contribue à renforcer les inégalités en raison du recours de certains candidats à des entreprises proposant de les accompagner dans la préparation de leur dossier. Un collectif d’enseignants de l’université de Lille a annoncé hier qu’il refuserait de prendre part aux sélections.

Comment fonctionne le système Parcoursup ?

Les lycéens et personnes souhaitant accéder à la rentrée à l’enseignement supérieur ont jusqu’à demain pour valider les candidatures qu’ils ont déposées sur la plateforme Parcoursup. Mise en place par la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants, promulguée le 8 mars, elle remplace la plateforme APB (Admission post-bac). Ce changement visait notamment à supprimer le tirage au sort auquel certaines filières très demandées avaient recours pour départager les candidats et à diminuer l’abandon en première année à l’université, qui concerne 31 % des inscrits selon le gouvernement. Au lieu de 24 vœux hiérarchisés, les candidats doivent désormais effectuer un maximum de 10 choix non classés. Chaque demande doit être accompagnée de plusieurs documents, dont des bulletins de notes et une lettre de motivation.

Comment vont être traitées les candidatures des étudiants ?

Des commissions d’examen des vœux pour chaque formation ont été créées dans les universités afin d’examiner les candidatures. Leur composition est laissée à l’appréciation des établissements. Elles doivent évaluer si les requérants possèdent les compétences et les acquis jugés nécessaires pour suivre la filière demandée, définis au préalable. Elles auront à disposition si elles le souhaitent un logiciel qui permet d’effectuer un classement des candidats en fonction de critères prioritaires ou de pondérer plusieurs paramètres, comme les notes de différentes matières. Les réponses aux vœux seront formulées à partir du 22 mai. Il pourra s’agir d’une réponse positive, d’un accord conditionné à une remise à niveau ou d’un placement sur liste d’attente. Les candidats pourront choisir parmi les réponses positives qu’ils auront reçues.