3 avril 2018

Tout s'explique

Jour de grève à la SNCF

Quelle a été l’ampleur de la grève à la SNCF ?

Ce mardi a marqué le début de la grève intermittente de trois mois prévue par l’intersyndicale de la SNCF (CGT, UNSA, SUD, CFDT). Le mouvement a été moins suivi que le 22 mars, avec 33,9 % de grévistes contre 35,4 % pour l’ensemble des salariés, selon la compagnie ferroviaire. En revanche, la circulation des trains était beaucoup plus perturbée qu’il y a douze jours, avec environ un TGV sur huit en service et un TER sur cinq. Le taux de grévistes des « agents indispensables à la circulation des trains » a atteint 48 % contre 36 % le 22 mars, et même 77 % pour les conducteurs de train. Au plus fort de la grève de 1995, le taux de conducteurs grévistes était de 85 %. La grève reconductible prévoit une alternance de deux jours de grève et de trois jours travaillés (voir le calendrier). Elle se poursuivra demain, avec un TGV sur sept en circulation, un Transilien sur cinq et un TER sur cinq prévus par la SNCF.

Quelles revendications les syndicats mettent-ils en avant ?

Le projet de réforme de la SNCF, annoncé le 26 février par le gouvernement, « vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique » et « ne réglera pas le sujet de la dette, ni celui des dysfonctionnements », affirment la CGT, l’UNSA et la CFDT dans leur préavis de grève commun. Ils s’opposent à l’arrêt du recrutement au statut de cheminot, qu’ils considèrent comme une « remise en cause » de leurs acquis sociaux. Les syndicats réclament une prise en charge par l’État de la dette de la SNCF, qui atteignait 54,5 milliards d’euros fin 2017, une question que le gouvernement n’aborde pas dans son projet. Enfin, ils s’inquiètent des conséquences de l’ouverture à la concurrence et craignent que la transformation de la SNCF en société anonyme ne débouche sur une privatisation.

En quoi consiste l’ouverture à la concurrence du rail ?

Pour justifier sa réforme, le gouvernement met en avant l’ouverture à la concurrence du secteur. La SNCF dispose d’un monopole sur le transport ferroviaire de voyageurs en France depuis 1937. Une directive européenne votée fin 2016, impose aux pays de l’Union d’ouvrir ce secteur à la concurrence en légiférant avant fin 2018. Des concurrents seront autorisés à proposer leurs services sur le réseau français, sans que la SNCF soit avantagée. La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a proposé vendredi un calendrier pour l’ouverture à la concurrence. Les lignes régionales, à l’exception de l’Île-de-France, seraient les premières concernées, avec la possibilité pour les régions d’organiser des appels d’offres pour gérer leurs lignes à partir de 2019. Les lignes de TGV seraient ouvertes à la concurrence à partir de fin 2020.