6 avril 2018

Tout s'explique

Nouveaux rassemblements palestiniens à Gaza

Pourquoi des rassemblements sont-ils organisés à Gaza ?

Vendredi dernier, une première série de rassemblements à la frontière entre la bande de Gaza et le territoire israélien a été réprimée par l’armée israélienne, faisant 19 morts parmi les Palestiniens et plus de 1 400 blessés, dont 758 par des tirs à balles réelles, selon le ministère de la Santé de Gaza. L’armée israélienne a de nouveau ouvert le feu aujourd’hui à l’occasion d’une deuxième journée de mobilisation à la frontière, faisant au moins trois morts et 250 blessés (selon un bilan provisoire). Les manifestants réclament la fin du blocus de Gaza et le retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont fuies en 1948, lors de la création de l’État d’Israël. D’autres rassemblements sont prévus jusqu’au 15 mai, date anniversaire des 50 ans de la « Nakba » (la « catastrophe » en arabe), le nom donné à l’exode forcé des Palestiniens en 1948.

Pourquoi Israël refuse-t-il une enquête indépendante ?

Pendant la manifestation du 30 mars, l’armée israélienne a ouvert le feu après que des Palestiniens se sont approchés à quelques centaines de mètres de la clôture qui sépare les deux territoires. Israël a déclaré que les soldats ont tiré sur ceux qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov sur ses soldats ou tentaient d’endommager la clôture et de s’infiltrer en Israël. Les représentants des manifestants assurent qu’ils ne représentaient aucun danger immédiat. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, ont réclamé samedi une enquête indépendante sur les événements. Le gouvernement israélien a rejeté ces demandes. « Les soldats israéliens ont fait ce qui était nécessaire », a déclaré le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

Quelle est la situation économique et humanitaire à Gaza ?

La bande de Gaza est une zone de 40 km de long et de 6 à 12 km de large, comptant près de 2 millions d’habitants, entre Israël et l’Égypte. Depuis que le Hamas, un mouvement islamiste considéré comme terroriste par ces deux pays, en a pris le contrôle en 2007, ce territoire subit un blocus terrestre, aérien et maritime de leur part. Des affrontements fréquents éclatent entre Israël et le Hamas. Le blocus et les conflits fragilisent l’économie et créent des difficultés d’approvisionnement en nourriture, en eau ou en énergie. Une agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens estime que le nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire est passé de 80 000 personnes en 2000 à un million aujourd’hui. Le taux de chômage atteignait 44 % en juin 2017 selon la Banque mondiale.