9 avril 2018

Tout s'explique

Soupçons d’attaque chimique en Syrie

Que s’est-il passé en Syrie samedi ?

Plusieurs organisations humanitaires ont affirmé qu’une attaque chimique au chlore avait eu lieu samedi dans la ville de Douma, dans la banlieue est de Damas. Dans un communiqué commun, l’ONG Syrian American Medical Society et les Casques blancs, une association de protection civile, rapportent que plus de 500 personnes « avec des symptômes liés à une exposition à un agent chimique » ont été accueillies dans des centres de soins et 49 personnes présentant des symptômes similaires sont mortes. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait en fin d’après-midi pour débattre de cette possible utilisation d’armes chimiques. Le régime syrien a démenti toute attaque chimique. Le ministre russe des Affaires étrangères a affirmé aujourd’hui que des spécialistes militaires russes s’étaient rendus sur place où « ils n’ont découvert aucune trace de chlore ou d’une quelconque substance chimique utilisée contre les civils ».

Qu’est-ce que la « ligne rouge » fixée par les États-Unis et la France ?

En mai 2017, Emmanuel Macron avait déclaré que « l’utilisation d’une arme chimique par qui que ce soit » en Syrie constituait une « ligne rouge » qui entraînerait « une riposte immédiate de la part des Français ». Il a réitéré ces propos en février, précisant que la France devrait posséder « des preuves avérées que des armes chimiques proscrites sont utilisées contre les civils ». Le médecin Raphaël Pitti, qui s’est rendu plusieurs fois en Syrie, a déclaré début mars sur France Inter qu’il était « impossible de prouver » par des relevés biologiques une attaque chimique au chlore, car c’est un « produit soluble, qui s’évapore très vite ». Selon lui, « la preuve, ce sont les malades, les victimes ». Après avoir acquis la certitude d’une nouvelle attaque chimique en avril 2017, Donald Trump a ordonné des frappes de représailles sur une base aérienne. Depuis, des ONG présentes sur place ont dénoncé plusieurs cas sans qu’une nouvelle intervention ait lieu.

Pourquoi Damas et Moscou accusent-ils Israël d’avoir bombardé la Syrie ?

Ce matin, plusieurs missiles ont frappé une base de l’armée de l’air syrienne située entre Homs et Palmyre, dans le centre du pays, faisant 14 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation basée au Royaume-Uni disposant d’informateurs dans le pays. La France et les États-Unis ont nié toute responsabilité et aucun pays n’a pour l’instant revendiqué l’opération. Les autorités syriennes et leurs alliées russes accusent Israël. Selon le ministère russe de la Défense, les frappes ont été conduites par deux avions de chasse israéliens opérant depuis l’espace aérien libanais. Début février, Israël avait ciblé cette base, déclarant qu’elle avait servi à faire décoller un drone iranien qu’il avait abattu dans son espace aérien.