12 avril 2018

Tout s'explique

Relaxes dans l’affaire de Tarnac

Quel jugement a été rendu concernant l’affaire de Tarnac ?

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu aujourd’hui son jugement concernant l’affaire dite de Tarnac, du nom d’un village de Corrèze habité par certains des huit prévenus accusés d’avoir participé au sabotage d’une ligne TGV et d’être à l’origine de violences lors d’une manifestation à Vichy en novembre 2008. Julien Coupat et Yildune Lévy, qui comparaissaient pour « association de malfaiteurs », ont été relaxés de ce chef d’accusation. Ils ont néanmoins été reconnus coupables de refus de prélèvement ADN, mais dispensés de peine. Ils ont passé respectivement six mois et deux mois en détention provisoire. Une seule personne a été condamnée, Christophe Becker, reconnu coupable de recel de vol, de tentative de falsification de document administratif et de refus de prélèvement ADN. Il a reçu une peine de quatre mois de prison avec sursis.

Quelles sont les « erreurs » et « imprécisions » pointées dans le dossier ?

En rendant son jugement, la présidente du tribunal, Corinne Goetzmann, a soulevé les « erreurs, insuffisances et imprécisions successives » d’un procès-verbal de la police sur lequel reposait notamment l’instruction du dossier. Il ne permet pas, selon elle, de démontrer que Julien Coupat et Yildune Lévy « seraient les auteurs des dégradations » commises sur une ligne TGV en novembre 2008. « Le groupe de Tarnac est une fiction », a déclaré la présidente du tribunal. Elle a également déploré qu’« aucune investigation sérieuse » n’ait été menée lorsqu’un groupe de militants antinucléaire allemands a revendiqué ces dégradations le lendemain des sabotages, alors que les services de renseignement français en avaient été informés.

Pourquoi le motif terroriste a-t-il été retenu puis abandonné ?

Les prévenus avaient initialement été mis en examen en novembre 2008 pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme ». Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, avait affirmé au moment de leur arrestation qu’ils avaient été placés sous surveillance quelques mois plus tôt par les services antiterroristes en raison de craintes d’une « résurgence des mouvements d’ultra-gauche » et « d’actions violentes » qu’ils pourraient mener. Or les accusations pour « terrorisme » n’ont finalement pas été retenues lorsque l’affaire a été renvoyée devant le tribunal en 2015, après sept ans d’instruction. Le parquet a fait appel de cette décision puis saisi la Cour de cassation, qui a confirmé l’an dernier l’abandon des poursuites pour terrorisme en l’absence de « charges suffisantes ».