14 avril 2018

On revient au début

Les luttes pour l’aménagement du territoire

Les forces de l’ordre ont démantelé cette semaine une partie de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, où l’État prévoyait de construire un aéroport avant que le projet soit abandonné en janvier par le gouvernement. ZAD, pour « zone à défendre », est un dérivé de l’acronyme Zone d’aménagement différé. Depuis celle de Notre-Dame-des-Landes, d’autres ZAD ont été montées par des militants opposés à des projets d’aménagement du territoire, comme à Sivens (Tarn) ou à Bure (Meuse). Manifestations, occupations de terrain, actions violentes, batailles administratives, les formes de lutte pour l’aménagement du territoire ont évolué avant d’aboutir aux ZAD.


À l’origine

Les premières oppositions organisées à des projets d’aménagement du territoire en France voient le jour au début des années 1970. En mai 1971, 1 500 personnes défilent en Aveyron pour protester contre l’extension du camp militaire du Larzac de 3 000 à 17 000 hectares. C’est le début d’une lutte longue de 10 ans menée par les agriculteurs locaux concernés par les expulsions, auxquels se joignent des activistes aux motivations diverses (antimilitaristes, écologistes, anarchistes, etc.). Le mouvement, qui se veut non violent, innove dans ses moyens d’action avec des convois de brebis et de tracteurs campant sous la tour Eiffel en 1972 ou la création d’un Groupe foncier agricole destiné à acheter les terres convoitées par l’armée. Après la publication des ordonnances d’expropriation en 1978, une marche réunit 80 000 personnes à Paris. Le projet est abandonné en 1981.

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