16 avril 2018

Tout s'explique

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont frappé la Syrie

Quelles frappes ont été ordonnées en Syrie ?

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont tiré 105 missiles dans la nuit de vendredi à samedi en Syrie, visant « l’arsenal chimique clandestin du régime », selon le ministère français des Affaires étrangères. Ils ont ciblé trois sites : un centre de recherche scientifique près de Damas ; un site de production et de stockage d’armes chimiques et un bunker à proximité de Homs. Cette action a été menée en réponse à l’attaque chimique du 7 avril dans la ville de Douma, en banlieue de Damas, attribuée par les trois pays au régime de Bachar el-Assad. Emmanuel Macron a déclaré samedi que le régime syrien avait franchi la « ligne rouge » qu’il avait fixée en mai 2017 en appelant à « une riposte immédiate » en cas d’« utilisation d’une arme chimique » en Syrie.

Sur quelles preuves reposaient-elles ?

Pour mener ces frappes, la coalition de trois pays s’est appuyée sur plusieurs éléments. Le ministère des Affaires étrangères a affirmé s’être basé sur les comptes rendus d’ONG actives dans la région « habituellement fiables » et sur l’analyse de « témoignages, photos et vidéos apparus spontanément sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et les jours qui ont suivi l’attaque », ainsi que sur des témoignages directs. L’ensemble des symptômes identifiés sur les images et les vidéos est « caractéristique d’une attaque par armes chimiques ». Selon le ministère, ces éléments « constituent un faisceau de preuves suffisant pour mettre en cause la responsabilité du régime syrien », en raison de l’offensive militaire qu’il menait dans la région, dont il a depuis repris entièrement le contrôle.

Dans quel cadre légal s’inscrit une intervention militaire ?

L’intervention de ce week-end a donné lieu cet après-midi à un débat sans vote à l’Assemblée nationale et au Sénat. Selon la Constitution, le président est le chef des armées. Il a l’obligation de consulter le Parlement pour une déclaration de guerre, mais, dans le cas d’une intervention des forces armées à l’étranger, il doit seulement l’informer dans les trois jours pour préciser les objectifs poursuivis. Un vote n’est nécessaire que pour prolonger une opération au-delà de quatre mois. Cette intervention a toutefois eu lieu sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU. Or, selon la Charte des Nations unies, les pays membres de l’ONU ne peuvent entreprendre une action militaire que si le pays où doit se dérouler l’opération en fait la demande, si le Conseil de sécurité estime qu’elle est nécessaire « au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales » ou en cas de « légitime défense ».