17 avril 2018

Tout s'explique

Consultations et propositions pour l’Europe

En quoi consistent les consultations citoyennes sur l’Europe ?

Emmanuel Macron a lancé aujourd’hui au Parlement européen à Strasbourg des « consultations citoyennes sur l’Europe » qui se tiendront jusqu’en octobre. Cette idée figurait dans son programme pour l’élection présidentielle. Elle consiste à interroger les citoyens des pays membres sur leurs attentes concernant l’UE au cours de débats organisés dans plusieurs villes et via une consultation en ligne. Tous les pays se sont engagés à en faire de même, à l’exception du Royaume-Uni en raison de la procédure du Brexit. Emmanuel Macron a inauguré la première consultation cet après-midi à Épinal, dans les Vosges. Les conclusions des débats seront ensuite transmises au gouvernement avant d’être examinées par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE au cours du Conseil européen de décembre.

Quelles sont les propositions d’Emmanuel Macron pour « réformer l’Europe » ?

Devant le Parlement européen, Emmanuel Macron a détaillé aujourd’hui plusieurs de ses idées pour « réformer l’Europe ». Il en avait déjà inscrit certaines dans son programme présidentiel et les avait reprises en septembre dans son discours à la Sorbonne, à Paris, comme la création d’un budget commun pour la zone euro, une taxe sur les multinationales du numérique et une taxe carbone aux frontières de l’Europe. Il a abandonné l’idée de créer un poste de ministre des Finances de la zone euro. Il a proposé de mettre en place une aide financière européenne pour soutenir les collectivités qui « accueillent et intègrent les réfugiés ». Il a déclaré que la France était « prête à augmenter sa contribution » au budget européen pour atteindre tous ces objectifs.

Comment sont-elles accueillies par les autres pays membres ?

Emmanuel Macron comptait sur l’Allemagne pour l’aider à porter ses idées, mais le long processus de formation d’un gouvernement après les élections législatives de septembre a freiné le chef de l’État dans cette démarche. Jeudi, il doit rencontrer Angela Merkel afin de trouver des positions communes sur l’UE. Le parti conservateur de la chancelière a émis lundi des critiques sur la proposition de création d’un budget commun pour la zone euro. Huit pays du nord de l’UE (Danemark, Estonie, Finlande, Irlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas et Suède) ont déclaré début mars qu’une réforme de la zone euro, comme un budget commun, devait s’accompagner d’une « conformité totale vis-à-vis des règles communes », notamment le respect de la règle selon laquelle le déficit public ne peut excéder 3 % du PIB.