18 avril 2018

Tout s'explique

Négociation sur l’avenir de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Où en est le dialogue entre les autorités et les occupants de la ZAD ?

Une réunion a eu lieu en début d’après-midi à Nantes entre les représentants de l’État et une délégation de huit personnes rassemblant des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, abandonné en janvier, et des occupants de la ZAD, le site où était prévue la construction. La rencontre devait servir à recréer un dialogue neuf jours après le début de l’intervention des gendarmes pour évacuer une partie de la ZAD. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a présidé la réunion. Marcel Thébault, agriculteur dans la ZAD et membre de la délégation, a toutefois estimé que cette réunion n’avait « pas changé les données fondamentales ». Les zadistes reprochent toujours aux autorités de ne pas leur laisser assez de temps pour proposer un projet d’exploitation agricole et de maintenir la présence des gendarmes.

Quelles sont les démarches demandées aux occupants du site ?

La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a présenté vendredi lors d’une conférence de presse le questionnaire que doivent remplir d’ici le 23 avril les occupants de la ZAD qui souhaitent y poursuivre une activité agricole. Ils doivent y déclarer leur identité et leur expérience professionnelle, préciser ce qu’ils comptent produire sur place et détailler les surfaces concernées. La préfecture a précisé à Franceinfo aujourd’hui qu’aucun dossier n’avait été déposé. Outre un délai « trop court », l’Acipa, une association créée pour lutter contre le projet d’aéroport, déplore le caractère individuel des démarches. « Il faut comprendre que la ZAD a bâti sa force, son originalité, sur les notions de collectif et de solidarité. Ici, tous les projets sont reliés les uns aux autres, interconnectés », a expliqué au Monde Dominique Fresneau, son coprésident.

Comment se déroule l’intervention des forces de l’ordre dans la ZAD ?

Les forces de l’ordre ont mené la semaine dernière une opération d’évacuation d’une partie de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour laquelle ont été mobilisés plus de 2 500 gendarmes. Vendredi, la préfète des Pays de la Loire avait annoncé la fin de l’opération alors que 29 squats avaient été détruits sur un objectif d’une « quarantaine ». Le même jour, le directeur général de la gendarmerie, Richard Lizurey, a estimé que les zadistes avaient « obtenu un certain nombre de renforts » faisant passer selon lui le nombre d’occupants de la zone de 250 à 700 au cours de la semaine. Depuis vendredi, les occupants de la ZAD ont régulièrement réinstallé des barricades démontées plus tôt par les forces de l’ordre. L’association de gendarmes AG&C a dénoncé avant-hier une « guérilla rurale qui s’annonce de plus en plus délicate physiquement et moralement pour les gendarmes engagés sur place ».