19 avril 2018

Tout s'explique

Un nouveau président pour Cuba

Qui est le nouveau dirigeant cubain ?

L’Assemblée nationale cubaine a confirmé aujourd’hui par un vote la nomination de Miguel Diaz-Canel à la présidence du pays. Âgé de 57 ans, cet ingénieur en électronique de formation succède à Raul Castro, dont il était le vice-président depuis 2013. Né après la révolution cubaine, il va présider un pays dirigé depuis 1959 par la famille Castro : Fidel jusqu’en 2006, puis son frère Raul. Ce dernier, qui doit rester jusqu’en 2021 premier secrétaire du Parti communiste cubain (PCC), unique parti du pays, a déclaré à propos du nouveau président qu’il avait une « solide fermeté idéologique ». Miguel Diaz-Canel a rejoint le comité central du PCC en 1991 et son bureau politique, la plus haute instance du parti, en 2003, sous l’impulsion de Raul Castro. Il s’est jusqu’ici très peu exprimé en public et jamais auprès de la presse étrangère.

Quelle est la situation de l’économie cubaine ?

Ciblé par un embargo économique imposé par les États-Unis depuis 1962 et ne bénéficiant plus du soutien soviétique depuis la chute de l’URSS en 1991, Cuba connaît des difficultés économiques. « L’agriculture, tout orientée sur la monoculture de la canne à sucre destinée à l’exportation, est incapable de fournir les produits alimentaires de base aux 12 millions de Cubains », expliquait en 2016 à La Croix Olivier Dabène, président de l’Observatoire politique de l’Amérique latine, rattaché à Sciences Po. Selon la Coface, une société d’assurance-crédit qui analyse les risques économiques dans différents pays, la croissance cubaine est affectée par la crise au Venezuela, qui restreint les livraisons de pétrole brut, « dont le raffinage constitue une source importante de devises » pour Cuba.

Quelles sont les relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis ?

Sous la présidence de Barack Obama, les deux pays ont rouvert leurs ambassades respectives à l’été 2015. Le président américain avait émis le souhait en décembre 2014 de voir le Congrès examiner une levée de l’embargo américain visant Cuba. Celui-ci est cependant toujours en place, même s’il a été assoupli ces dernières années. L’an dernier, Donald Trump a réintroduit des restrictions aux voyages individuels et aux transactions financières des États-Unis vers Cuba qu’avait levées Barack Obama. Les États-Unis ont par ailleurs réduit en septembre le nombre d’employés de leur ambassade à Cuba après avoir dénoncé des « attaques acoustiques » de « nature inconnue » contre une vingtaine de membres de son personnel victimes de lésions cérébrales.