24 avril 2018

Tout s'explique

Revers pour les Houthis au Yémen

Quel revers ont subi les Houthis ?

Les insurgés houthis, en guerre contre les forces loyalistes au Yémen, ont annoncé hier via l’agence de presse yéménite Saba la mort de leur chef politique, Saleh al-Sammad. Ils affirment qu’il a été tué jeudi par une frappe de la coalition qui soutient les forces loyalistes, dirigée par l’Arabie saoudite et recevant l’appui des États-Unis. C’est le plus haut responsable houthi tué depuis le début du conflit en 2015. Dimanche, d’autres frappes ont fait au moins 20 morts et plus de 40 blessés lors d’un mariage qui se déroulait dans le nord-ouest du Yémen, une zone contrôlée par les Houthis. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé une enquête sur cette attaque qu’il a « fermement condamnée ». Le porte-parole de la coalition menée par l’Arabie saoudite n’a pas confirmé les frappes, mais a déclaré que la coalition menait sa propre enquête.

Quelle méthode emploient les rebelles contre l’Arabie saoudite ?

En réplique à l’attaque de dimanche, les rebelles houthis ont tiré le même jour deux missiles vers l’Arabie saoudite. Le porte-parole de la coalition menée par l’armée saoudienne a déclaré qu’ils avaient été interceptés. Début novembre, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, avait dénoncé « une agression militaire directe » après un tir intercepté au-dessus de l’aéroport de Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite. Sept autres missiles ont été lancés fin mars. Selon un rapport remis au Conseil de sécurité en novembre, rédigé par des experts envoyés au Yémen par l’ONU, le logo d’une entreprise iranienne a été retrouvé sur des débris de missiles. L’Iran soutient publiquement les rebelles houthis, mais dément leur fournir des armes.

Quelles sont les revendications des Houthis ?

Les Houthis sont membres d’un mouvement politique et religieux fondé en 1992, actif à l’origine dans le nord-ouest du Yémen. Ils appartiennent au courant zaydite, une branche minoritaire de l’islam chiite, et représentent 42 % des 27 millions d’habitants du pays, majoritairement sunnites. Depuis 2004, les Houthis sont en guerre au Yémen contre les forces gouvernementales, estimant être victimes de discriminations. Ils réclamaient initialement le rétablissement d’un statut d’autonomie dont avait déjà bénéficié la région de Sadaa, principalement peuplée par les zaydites. Ils ont participé à des manifestations ayant abouti au départ en 2012 du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans. En 2015, ils se sont emparés de la capitale Sanaa. Le successeur du président Saleh, Abd Rabbo Mansour Hadi, a fui en Arabie saoudite, qui a alors apporté son soutien militaire aux forces loyalistes.