26 avril 2018

Tout s'explique

Des propositions pour les quartiers prioritaires

Quelles sont les propositions du rapport sur les quartiers prioritaires ?

L’ancien député UDI et ministre délégué à la Ville, Jean-Louis Borloo, a remis ce matin au Premier ministre un rapport sur la situation des quartiers prioritaires sur lesquels se concentre la politique de la ville. 5,5 millions de personnes vivent actuellement dans 1 500 quartiers prioritaires, particulièrement touchés par la pauvreté. Dans son rapport, Jean-Louis Borloo propose de mener des plans de recrutement et de formation spécifiques, de créer davantage de places en crèche et de lutter contre l’illettrisme. Pour financer toutes ces mesures, il suggère la mise en place d’un fonds de 5 milliards d’euros, abondé notamment par la cession de plusieurs participations de l’État dans des entreprises prévue cette année. Emmanuel Macron annoncera au cours du mois de mai son plan pour ces quartiers.

Quelles grandes réformes ont été prises concernant les banlieues ?

L’État met en place un premier plan en faveur des quartiers prioritaires en 1977. Il s’agit de rénover les grands ensembles et d’améliorer le confort des logements. C’est le début de la politique de la ville, qui consiste à « réduire les inégalités entre les quartiers sensibles et le reste du territoire », comme on peut le lire sur le site du ministère de la Cohésion des territoires. Le ministère de l’Éducation nationale crée en 1981 les Zones d’éducation prioritaire, pour attribuer davantage de moyens aux établissements scolaires dans ces territoires. En 1996, le gouvernement lance un plan qui définit des zones prioritaires sur lesquelles se focalise la politique de la ville et crée des « zones franches urbaines » où les entreprises sont exonérées d’impôts et de certaines cotisations si elles embauchent sur place. Dans un entretien au Monde, Jean-Louis Borloo a estimé qu’il y avait toutefois eu plus d’« annonces publiques » que de « moyens publics ».

Quelle est la situation actuelle dans les banlieues ?

Selon le dernier rapport (avril 2017) de l’Observatoire national de la politique de la ville, un organisme public, le taux de chômage était de 26,4 % dans les quartiers prioritaires, contre environ 10 % en France métropolitaine. Plus d’un jeune de 15 à 29 ans sur trois est au chômage. La population est particulièrement jeune par rapport au reste du territoire, un habitant sur quatre ayant moins de 15 ans. Le taux de pauvreté était de 60 % dans les quartiers prioritaires, soit trois fois plus élevé qu’en France métropolitaine. Les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA), versé aux personnes sans ressources, étaient près de deux fois plus nombreux. La densité en professionnels de santé de proximité comme les médecins généralistes, les dentistes ou les infirmiers est 1,8 fois inférieure dans les quartiers prioritaires que dans les agglomérations environnantes.