2 mai 2018

Tout s’explique

Les violences dans la manifestation du 1er mai

Quel est le bilan des incidents intervenus lors de la manifestation du 1er mai à Paris ?

Plusieurs incidents ont émaillé hier la manifestation syndicale du 1er mai à Paris. En tête du cortège parti de la place de la Bastille, la préfecture de police de Paris a compté 1 200 personnes cagoulées et masquées. Des affrontements les ont opposées aux forces de l’ordre, 31 commerces ont été dégradés, dont deux incendiés, et six voitures ont été brûlées. Trois manifestants et un policier ont été légèrement blessés, selon la préfecture de police de Paris. Au total, 283 personnes ont été interpellées à l’issue des échauffourées d’hier. Ce matin, 109 d’entre elles se trouvaient en garde à vue. Le cortège syndical, qui a rassemblé entre 20 000 personnes selon la police et 55 000 personnes selon la CGT, a dû démarrer en retard et changer d’itinéraire à cause de ces incidents.

Qu’est-ce que le « Black Bloc » ?

Utilisé par le préfet de police de Paris pour décrire les manifestants vêtus de noir et cagoulés, le terme de « Black Bloc » ne désigne à l’origine pas un groupe de personnes, mais un mode opératoire, qui consiste à manifester le visage masqué pour déstabiliser les forces de l’ordre et éviter d’être identifié. Ses partisans utilisent la violence pour faire passer leurs messages. Le terme est utilisé officiellement pour la première fois en 1981 par la justice allemande pour désigner une méthode de manifestation apparue dans les années précédentes en Allemagne au sein des milieux anarchistes. Les « Black Blocs » sont le plus souvent d’inspiration anarchiste et anticapitaliste. Leur violence est dirigée contre ce qu’ils estiment être les symboles du capitalisme comme les banques et les assurances, mais aussi contre les forces de l’ordre, représentant l’État qu’ils combattent.

Comment les forces de l’ordre luttent-elles contre les « Black Blocs » ?

La préfecture de police de Paris avait prévenu lundi des « risques de troubles à l’ordre public » à cause de « groupes extrémistes » voulant « faire de cette journée du 1er mai un grand rendez-vous révolutionnaire ». L’identification des participants à un « Black Bloc » est compliquée, car ils arrivent aux défilés « d’une manière la plus banale qui soit » avant de changer de vêtements et de se masquer le visage au cœur de la foule « quelques minutes avant de passer à l’acte », a expliqué Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, ce matin sur France Inter. Pour faire face à ces groupes très mobiles qui se fondent dans les cortèges de manifestants pacifistes, la police a utilisé hier la technique dite de la « nasse » ou de la « souricière », un encerclement qui a permis les interpellations. Les autorités ont également recours à la vidéosurveillance pour identifier les auteurs d’infractions.