11 mai 2018

On fait le point

Frappes israéliennes en Syrie

Moins de deux jours après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, l’armée israélienne a dénoncé dans la nuit de mercredi à jeudi des tirs de roquette effectués par les forces iraniennes présentes en Syrie en direction de positions israéliennes dans le Golan. Elle a précisé que quatre projectiles avaient été interceptés par les systèmes de défense antimissiles, ne faisant pas de victimes. Situé dans le sud-ouest de la Syrie, le plateau du Golan a été conquis en 1967 par Israël qui en revendique la souveraineté.

Israël a annoncé avoir bombardé, en riposte à cette attaque, plusieurs dizaines d’installations militaires contrôlées par l’Iran en Syrie : sites de renseignement, de logistique, de stockage et postes d’observation. Israël a frappé « presque toutes les infrastructures iraniennes » dans le pays, a affirmé le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman. Cette offensive a fait 23 morts, en majorité des militaires iraniens, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation proche de l’opposition au régime de Damas, basée à Londres et s’appuyant sur un réseau de correspondants.

Les hostilités entre Israël et l’Iran en Syrie se sont intensifiées en février. L’aviation israélienne a alors abattu ce qu’elle a identifié comme un drone iranien survolant le nord du pays, puis, en représailles, une base au centre de la Syrie occupée par des unités iraniennes. Le 9 avril, des missiles ont été tirés sur la même base aérienne syrienne. La Syrie et l’Iran attribuent cette attaque à Israël, qui a refusé de confirmer en être à l’origine. Le 10 avril, Avigdor Lieberman a déclaré qu’Israël ne permettrait « pas d’ancrage iranien en Syrie, quel que soit le prix à payer ».

La haute représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a annoncé ce matin qu’elle recevrait mardi les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, qui seront ensuite rejoints par leur homologue iranien. Les trois pays, signataires de l’accord nucléaire, espèrent convaincre l’Iran de ne pas y renoncer malgré le retrait des États-Unis. Avant sa visite à Bruxelles, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, se rendra à Pékin et Moscou.