14 mai 2018

Tout s'explique

Manifestations violemment réprimées à Gaza

Quel est le bilan de la répression contre les manifestants à Gaza ?

Au moins 52 Palestiniens ont été tués aujourd’hui par des soldats israéliens, selon le ministère de la Santé de Gaza, portant le bilan à environ 100 morts en un mois et demi. Plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens habitant la bande de Gaza, territoire situé au sud-ouest d’Israël, manifestent chaque vendredi depuis fin mars pour la « marche du grand retour ». Ils souhaitent revenir sur les terres que leurs parents ont fuies ou ont été obligés de quitter au moment de l’indépendance d’Israël, le 14 mai 1948. Les rassemblements se sont intensifiés à l’approche des 70 ans de cet exode, nommé « Nakba » (la « catastrophe » en arabe). Les manifestants réclament également la fin du blocus exercé sur le territoire depuis 2008 par Israël et l’Égypte et protestent contre l’inauguration aujourd’hui à Jérusalem de l’ambassade américaine, jusqu’ici implantée à Tel-Aviv.

De quelle manière Israël

« Nous défendrons nos citoyens par tous les moyens, nous ne permettrons pas qu’on force la frontière », a prévenu ce matin le ministre de la Défense israélien. Sur les réseaux sociaux, l’armée affirme répliquer face à des manifestants qui « lancent des bombes incendiaires, des engins explosifs et des pierres » avec des « moyens de dispersion anti-émeute et des tirs ». Elle déclare avoir visé des positions militaires du Hamas, le mouvement politique islamiste qui dirige la bande de Gaza depuis 2007, considéré comme terroriste par Israël ainsi que par l’Union européenne. L’armée israélienne a averti par des tracts les Palestiniens de ne pas s’approcher de la barrière de sécurité située à la frontière. La France et l’ONU ont respectivement appelé aujourd’hui Israël à faire preuve de « retenue » et à mettre fin à « l’usage disproportionné de la force ».

Pourquoi les États-Unis déplacent-ils leur ambassade ?

Une délégation diplomatique américaine a inauguré cet après-midi le nouveau bâtiment de l’ambassade des États-Unis en Israël, transférée de Tel-Aviv à Jérusalem. Le président américain, Donald Trump, avait annoncé début décembre ce transfert, au moment de la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale du pays. Ce déménagement était déjà prévu par une loi américaine depuis 1995, mais avait toujours été repoussé par les présidents précédents, selon une application qui permet d’en reporter le déménagement tous les six mois au nom de la « sécurité nationale des États-Unis ». Israël considère Jérusalem comme sa capitale « une et indivisible », ce qui n’a jamais été reconnu par l’ONU, tandis que l’Autorité palestinienne revendique Jérusalem-Est comme sa capitale. Toutes les ambassades étrangères étaient jusqu’ici situées à Tel-Aviv.