18 mai 2018

Tout s'explique

Accord de gouvernement trouvé en Italie

Quelles sont les prochaines étapes avant la formation du gouvernement ?

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, les deux partis politiques italiens arrivés en tête des élections législatives du 4 mars, ont annoncé hier soir être parvenus à un accord de gouvernement pouvant leur permettre de former une coalition. Celui-ci est soumis à un vote en ligne des membres du M5S aujourd’hui, ainsi qu’à un vote physique des membres de la Ligue au cours du week-end. S’il est validé, il sera présenté lundi au président italien, Sergio Mattarella. Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue, a annoncé hier que ni lui ni Luigi Di Maio, dirigeant du M5S, ne serait désigné chef du gouvernement. Aucun autre nom n’a été avancé pour ce poste ni pour les autres membres du gouvernement.

Que prévoit l’accord ?

Les deux partis ont dévoilé ce matin la version définitive de leur accord de gouvernement. Le texte reprend la réforme fiscale promise par la Ligue dans son programme des législatives. Celle-ci vise à faire baisser les impôts des particuliers et des entreprises, avec seulement deux tranches d’imposition à 15 % puis 20 %. L’instauration d’un « revenu de citoyenneté », inspiré du programme du M5S, est également prévue. Limité à 780 euros par mois, il doit être accessible aux personnes sans revenu et, sous la forme d’une somme complémentaire, à celles disposant d’une faible rémunération. Les deux formations prévoient également de baisser l’âge de départ à la retraite, d’accélérer l’examen des demandes d’asile et d’expulser de manière systématique les migrants déboutés.

La coalition aura-t-elle une politique anti-européenne ?

Les deux partis remettent en cause le fonctionnement de l’Union européenne. Ils n’envisagent pas une sortie de la zone euro, comme le laissait entendre une version précédente de l’accord de gouvernement rapportée mardi par l’édition italienne du Huffington Post. Ils souhaitent négocier une révision de la règle qui fixe la limite de déficit public à 3 % du PIB, pour pouvoir s’en affranchir. Celui-ci a atteint 2,3 % du PIB italien en 2017, mais l’accord pourrait impliquer un dépassement dans les années à venir, avec un financement des mesures estimé à au moins 100 milliards d’euros par an selon le cabinet de conseil britannique Oxford Economics. Les deux formations souhaitent que soient levées une partie des sanctions européennes imposées à la Russie en raison de son annexion de la Crimée en 2014.