22 mai 2018

Tout s'explique

Nicolas Maduro réélu au Venezuela

Dans quel contexte s’est déroulée l’élection présidentielle ?

Plus de 20 millions d’électeurs vénézuéliens étaient appelés dimanche à voter lors d’un scrutin présidentiel. Nicolas Maduro, le président sortant, a été réélu avec 67,7 % des voix, selon les résultats publiés hier par le Conseil électoral national. Au pouvoir depuis 2013 après avoir succédé à Hugo Chavez, il obtient le renouvellement de son mandat pour six ans. La participation a atteint 46 %. L’élection devait initialement se dérouler en décembre, mais l’Assemblée nationale constituante, dont tous les membres soutiennent le président, a voté en janvier un décret pour l’avancer. La Cour suprême a interdit à la coalition de partis formant la principale opposition au pouvoir de présenter un candidat unique. Celle-ci a alors appelé au boycott de l’élection. Henry Falcon, candidat d’opposition qui avait quitté la coalition, a obtenu 21,2 % des voix.

Comment s’organise l’opposition ?

Henry Falcon a dénoncé des irrégularités et exigé l’organisation d’une nouvelle élection d’ici la fin de l’année. La coalition Front large pour un Venezuela libre, qui réunit tous les partis ayant refusé de participer à la présidentielle, en a fait de même, estimant que le scrutin n’avait été « ni libre ni transparent ». Elle estime que son appel au boycott a été entendu, l’abstention ayant atteint 54 %. Elle se déclare prête à « à avoir une candidature unique pour en finir avec le cauchemar Maduro ». La coalition est majoritaire à l’Assemblée nationale depuis 2015, mais cette institution n’a plus aucun pouvoir depuis l’année dernière, ceux-ci étant désormais essentiellement dévolus à l’Assemblée nationale constituante. En avril 2017, la Cour suprême s’était octroyé les pouvoirs législatifs avant de revenir sur sa décision, ce qui avait déclenché des manifestations qui ont duré jusqu’en août.

Quelles sanctions internationales pèsent sur le pays ?

Le département d’État américain a critiqué hier le déroulement de l’élection présidentielle vénézuélienne. Le président américain, Donald Trump, a signé un décret imposant de nouvelles sanctions au pays, pour empêcher les entreprises et les citoyens américains de racheter des titres de dette du pays. Les États-Unis imposent déjà des sanctions économiques et financières au Venezuela depuis 2015. L’Union européenne impose depuis novembre un embargo sur les livraisons d’armes et depuis janvier des sanctions financières à des hauts responsables vénézuéliens accusés d’être « responsables de graves violations des droits de l’homme ». Entre 2015 et 2017, 900 000 Vénézuéliens ont quitté leur pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations, l’organisme des Nations unies chargé des migrations, principalement en raison des pénuries alimentaires et de l’hyperinflation.