24 mai 2018

Tout s’explique

Donald Trump annule le sommet avec Kim Jong-un

Pourquoi Donald Trump a-t-il annulé le sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis ?

Le président américain Donald Trump a annoncé aujourd’hui qu’il annulait la rencontre prévue le 12 juin avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. La tenue de ce sommet lui paraît « inappropriée », s’est-il justifié, en raison de « la colère énorme et l’hostilité ouverte » manifestées dans les récentes déclarations nord-coréennes. La semaine dernière, le vice-ministre des Affaires étrangères Kim Gye-gwan avait menacé d’annuler le sommet si les États-Unis mettaient la Corée du Nord « au pied du mur » et exigeaient « unilatéralement » qu’elle renonce à l’arme nucléaire. Les dirigeants nord-coréens avaient proposé ce sommet en mars pour discuter avec Washington d’une « dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

Quel geste a fait la Corée du Nord concernant son programme nucléaire ?

La Corée du Nord a détruit ce matin les installations de son unique site connu d’essais nucléaires, situé à Punggye-ri, dans le nord-est du pays. Plusieurs journalistes internationaux invités par le régime du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un étaient présents pour assister à l’explosion. La Corée du Nord a mené six essais nucléaires à cet endroit, dont le dernier en septembre. Le site était constitué de plusieurs tunnels creusés sous le mont Mantap, qui culmine à 2 205 mètres. Ce démantèlement était présenté par Pyongyang comme un geste de bonne volonté avant la réunion initialement prévue le 12 juin avec les États-Unis. La Corée du Nord n’a pas pour autant renoncé au nucléaire, mais elle a estimé que le programme de tests avait été une réussite et qu’il n’était plus nécessaire.

Quels doutes entourent ce démantèlement ?

Plusieurs scientifiques ont émis des doutes sur les raisons de la fermeture du site de Punggye-ri, estimant que le site était peut-être déjà hors service. Des études sismiques et des observations satellites ont permis d’établir que la violence de l’essai nucléaire mené par la Corée du Nord le 3 septembre avait déclenché un séisme d’une magnitude de 6,3 et que le mont Mantap s’était tassé de 50 centimètres après l’explosion, selon un article publié dans la revue Science par une équipe internationale de chercheurs. La montagne serait par conséquent menacée d’effondrement en cas de nouvel essai nucléaire. Le site 38 North, lié à l’université américaine John Hopkins et spécialiste de la Corée du Nord, estime que si la montagne était encore en mesure d’héberger des essais nucléaires, le régime nord-coréen pourrait reconstruire en quelques semaines le site qu’elle a détruit aujourd’hui.