29 mai 2018

Tout s’explique

Accord sur des élections en Libye

Sur quoi les responsables libyens se sont-ils mis d’accord ?

Emmanuel Macron a accueilli aujourd’hui à l’Élysée les quatre principaux responsables politiques libyens : le Premier ministre du gouvernement d’union nationale, Fayez al-Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est du pays, le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah, et le président du Conseil d’État, Khaled al-Mechri. Ils se sont engagés dans une déclaration commune, lue à l’issue de la conférence mais non signée, à organiser le 10 décembre des élections législatives et présidentielle. Ils se fixent également pour objectif d’adopter d’ici le 16 septembre une nouvelle Constitution ou de voter une loi électorale nécessaire à l’organisation des deux scrutins de décembre dans le cadre de l’actuelle Constitution.

Pourquoi la France est-elle à l’origine de cette rencontre ?

C’est la deuxième fois que la France organise une rencontre pour résoudre la crise politique libyenne en cours depuis 2011. En juillet, Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu et l’organisation d’élections, sans qu’une date soit mentionnée. Dans son programme pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron souhaitait que l’Europe contribue à « stabiliser la Libye » pour y empêcher « les trafics d’êtres humains ». Lors d’une visite en septembre dans le pays, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, expliquait qu’une « Libye unie » était également nécessaire pour éviter « la menace terroriste ». L’initiative française s’inscrit dans un contexte international de résolution de la crise libyenne, avec la présence à l’Élysée de représentants de 19 autres pays, de l’ONU, de l’UE, de l’Union africaine et de la Ligue arabe.

Comment le pouvoir se partage-t-il en Libye ?

La Libye connaît une crise politique depuis le renversement en 2011 du dirigeant Mouammar Kadhafi, à la tête du pays pendant 42 ans, par un mouvement de contestation inspiré des révolutions tunisienne et égyptienne. Désormais, le pays est principalement divisé en deux camps. La communauté internationale reconnaît la légitimité du pouvoir de Fayez al-Sarraj, Premier ministre du gouvernement d’union nationale. Installé à Tripoli, ce gouvernement a été formé à l’issue d’un accord signé fin 2015 sous l’égide de l’ONU, mais n’a toujours pas obtenu la confiance du Parlement. Le maréchal Khalifa Haftar, qui ne reconnaît pas cette autorité, est à la tête depuis 2015 d’une force baptisée Armée nationale libyenne. Celle-ci contrôle en grande partie l’est du pays. D’autres milices ainsi que des groupes djihadistes détiennent plusieurs parties du reste du pays.