1er juin 2018

Tout s'explique

Mariano Rajoy destitué en Espagne

Comment fonctionne la procédure de destitution en Espagne ?

Les députés espagnols ont voté ce matin une motion de censure contre le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, par 180 voix sur 350, entraînant sa destitution. Cette initiative avait été décidée vendredi dernier par le Parti socialiste espagnol (PSOE). Selon la Constitution espagnole, toute motion de censure au Congrès des députés, l’une des deux chambres du Parlement, doit s’accompagner de la proposition d’une nouvelle personne pour diriger le gouvernement. La motion qui a été adoptée proposait la candidature de Pedro Sanchez, dirigeant du PSOE, qui remplace donc Mariano Rajoy à la tête de l’exécutif espagnol. C’est la première fois qu’un chef de gouvernement est destitué en Espagne depuis la restauration de la démocratie en 1978.

Qu’est-il reproché à Mariano Rajoy ?

Le PSOE a déposé sa motion de censure au lendemain de la condamnation pour enrichissement illégal du Parti populaire (PP), la formation conservatrice dirigée par Mariano Rajoy, dans le cadre d’un réseau de corruption. 29 personnes ont également été condamnées, dont d’anciens cadres du parti. Le tribunal accuse le PP d’avoir mis en place un « système de corruption institutionnelle au travers d’un mécanisme de contrats publics » qui a conduit au financement illégal d’activités politiques. Le PP a fait appel de ce jugement. La motion de censure déposée par le PSOE exprime également le désaccord du parti envers la politique menée par Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011.

Comment Pedro Sanchez compte-t-il gouverner ?

Pedro Sanchez doit désormais prêter serment devant le roi Felipe VI puis nommer les membres de son gouvernement. Le PSOE est minoritaire au Congrès des députés, avec seulement 84 représentants sur 350, ce qui peut rendre difficile l’adoption de réformes. Les partis qui l’ont soutenu pour la motion de censure ont des intérêts très divergents et Pedro Sanchez a exclu de former une coalition. Il s’est engagé à respecter le budget pour l’année 2018 proposé par le Parti populaire et récemment adopté, ainsi qu’à ouvrir le dialogue avec les indépendantistes catalans. Il a précisé qu’il comptait « rétablir la stabilité et la normalité » et « mettre en marche un agenda social ». Il a promis d’organiser de nouvelles élections législatives, sans toutefois proposer d’échéance.