6 juin 2018

Tout s'explique

L’évolution de la richesse des Français

Comment évoluent les inégalités au sein de la population ?

Le niveau de vie médian des Français a atteint 20 300 euros en 2015, soit 1 692 euros par mois, ce qui signifie que la moitié de la population a gagné plus que cette somme, et l’autre moitié moins, selon l’enquête annuelle sur les revenus et le patrimoine des ménages publiée hier par l’Insee, l’institut national de statistiques. L’Insee calcule le niveau de vie en ajoutant aux revenus les allocations et en retranchant les impôts, rapporté au nombre de personnes dans le foyer. Ce niveau de vie est en progression de 0,4 % par rapport à 2014, mais reste inférieur à celui d’avant la crise de 2008. Les inégalités de revenus sont stables depuis vingt ans, à l’inverse des inégalités de patrimoine qui se sont creusées. Tandis que les 10 % des ménages les plus aisés ont vu la valeur de leur patrimoine augmenter de 113 % entre 1998 et 2015, les 10 % des ménages les moins riches possèdent en moyenne 31 % de patrimoine en moins qu’en 1998.

Combien de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ?

8,9 millions de personnes, environ un Français sur sept (14,2 %), avaient en 2015 un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, soit moins de 1 015 euros par mois. L’Insee fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian. Le pourcentage de la population sous le seuil de pauvreté a progressé après la crise, entre 2008 et 2010, et s’est stabilisé depuis. Ceux dont le niveau de vie se situe le plus souvent sous le seuil de pauvreté sont les chômeurs (à 37,3 %), les jeunes (à 25,7 %) et les familles monoparentales (à 32,7 %). Alors que 31,3 % des retraités vivaient sous le seuil de pauvreté en 1970, ils ne sont plus que 8,5 % en 2015. Ils bénéficient notamment de la valorisation de leur patrimoine immobilier, sous l’effet de la forte hausse des prix du logement, et des revalorisations du minimum vieillesse.

Quel niveau de revenus faut-il atteindre pour faire partie des 1 % les plus riches ?

Pour appartenir aux 1 % de la population les plus aisés, il fallait avoir gagné en 2015 plus de 106 210 euros de revenus avant impôts (soit 8 850 euros par mois). Leur revenu moyen est sept fois plus élevé que celui des Français dans leur ensemble. Leurs sources de revenus sont plus diversifiées. 30 % des revenus du patrimoine en France (les loyers tirés de logement ou les dividendes versés aux détenteurs d’actions, par exemple) vont aux 1 % les plus riches. Ceux-ci sont plus âgés que la moyenne, ont moins souvent d’enfant et 30 % d’entre eux vivent à Paris ou dans les Hauts-de-Seine. Le barème de l’impôt sur le revenu étant progressif, les 1 % en acquittent environ 25 % du total.