13 juin 2018

Tout s'explique

Rencontre historique entre les États-Unis et la Corée du nord

Que contient l’accord signé par Donald Trump et Kim Jong-un ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, ont signé ce matin, à Singapour, un document commun. Le texte prévoit une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », mais ne précise pas de calendrier ou de modalités précises. La formulation englobe la Corée du Sud, et donc potentiellement l’armement nucléaire américain sur place. En échange, les États-Unis s’engagent à fournir des « garanties de sécurité » à la Corée du Nord et à mettre fin à leurs exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. La question des missiles de courte portée ou intercontinentaux n’est pas abordée dans le document. Lors d’une conférence de presse suivant le sommet, Donald Trump a précisé que les sanctions économiques qui frappent la Corée du Nord « resteront en place » tant que « la menace nucléaire » n’est pas « abandonnée ».

Comment ont réagi les autres pays ?

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a déclaré que l’accord entre Donald Trump et Kim Jong-un resterait « dans l’histoire mondiale comme un événement ayant mis fin à la Guerre froide ». La péninsule coréenne a été séparée en deux après la Seconde Guerre mondiale. Aucun traité de paix n’a été signé depuis la fin de la guerre de Corée en 1953. Shinzo Abe, le Premier ministre du Japon, a salué un « premier pas ». La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, s’est félicitée de cette « étape capitale et nécessaire », mais a rappelé que « l’objectif ultime, partagé par l’ensemble de la communauté internationale et exprimé par le Conseil de sécurité des Nations unies, demeure la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne », des termes qui ne figurent pas dans l’accord.

Comment a évolué le programme nucléaire nord-coréen ?

La Corée du Nord signe en 1985 le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), dans lequel les pays ne possédant pas d’arme nucléaire s’engagent à ne pas en fabriquer ou à en acquérir. En 1993, Pyongyang refuse l’inspection de certains sites nucléaires civils par l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’année suivante, un accord avec les États-Unis prévoit le gel du programme nucléaire. Après avoir admis en 2002 l’existence d’un programme d’enrichissement d’uranium, la Corée du Nord se retire du TNP l’année suivante. Le pays a mené six essais nucléaires entre 2006 et 2017, dont trois depuis début 2016. Les États-Unis estiment aujourd’hui que la Corée du Nord est parvenue à se doter de l’arme nucléaire et à la miniaturiser pour la placer sur un missile, selon un rapport d’une agence de renseignement dépendant du département de la Défense américain dévoilé l’an dernier par le Washington Post.