15 juin 2018

Tout s’explique

L’accueil des migrants en Italie

Que reproche l’Italie à la France ?

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a rencontré Emmanuel Macron aujourd’hui à l’Élysée. Ils ont souhaité la création de centres européens dans les pays de départ des migrants, pour tenter de réguler le flux d’arrivées en Europe. Mardi, Emmanuel Macron a critiqué le refus de l’Italie d’accueillir le navire Aquarius, avec plus de 600 migrants secourus à son bord. En réaction, la présidence du Conseil italien a déclaré que l’Italie n’avait pas à « recevoir de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner la tête ». Selon les estimations du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, depuis 2014, le pays a reçu 640 000 migrants ayant traversé la Méditerranée. Mercredi, le Haut-Commissaire a appelé l’Europe à un « partage du fardeau ». Selon la réglementation européenne, les migrants doivent déposer une demande d’asile dans le premier pays d’accueil qui doit ensuite assurer le suivi de leur dossier.

Quelles sont les règles de sauvetage en mer ?

Le sauvetage en mer est une tradition inscrite dans le droit international. Une convention internationale adoptée en 1974 stipule que tout capitaine d’un navire a le devoir de prêter assistance à une personne en situation de détresse en mer. La première version de cette convention avait été adoptée en 1914 par 13 pays en réponse au naufrage du Titanic deux ans plus tôt. Un autre texte, adopté en 1979, oblige les pays signataires à définir une zone où ils sont responsables de la recherche et du sauvetage en mer et à mettre en place un centre de coordination et de sauvetage. Plusieurs États peuvent se partager une même zone. L’État en charge de la mission de sauvetage a ensuite la responsabilité de conduire les personnes vers un lieu sûr, mais le droit international ne précise pas s’il doit s’agir ou non de l’un de ses ports.

Quelle est la mission du navire Aquarius ?

L’Aquarius est un navire de l’ONG française SOS Méditerranée. L’association a été fondée en 2015 en réaction à l’arrêt de l’opération militaire et humanitaire Mare Nostrum visant à secourir des migrants en détresse en Méditerranée. L’Italie avait lancé cette initiative en 2013 après un naufrage ayant fait 366 morts près de l’île de Lampedusa. SOS Méditerranée a effectué sa première mission de sauvetage en 2016. Elle a depuis mené plus de 160 opérations et porté secours à plus de 27 000 personnes. En février 2017, le directeur de l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex, Fabrice Leggeri, critiquait dans une interview au quotidien allemand Die Welt les sauvetages réalisés par les ONG. Il estimait qu’il fallait « éviter de soutenir l’action des réseaux criminels et des passeurs en Libye en prenant en charge les migrants de plus en plus près des côtes libyennes. »