20 juin 2018

Tout s'explique

« Tolérance zéro » pour les migrants aux États-Unis

En quoi consiste la politique de « tolérance zéro » de Donald Trump ?

Le département américain de la Sécurité intérieure a annoncé hier avoir séparé 2 342 enfants de leurs parents ayant traversé illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis entre le 5 mai et le 9 juin. Ces enfants sont placés dans des centres ou des familles d’accueil. Durant cette période, 2 206 adultes, poursuivis par la justice, ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Ces séparations et ces poursuites résultent d’une politique de « tolérance zéro » concernant l’immigration aux États-Unis formulée le 6 avril par le procureur général, Jeff Sessions, qui dirige le département de la Justice. Celle-ci prévoit des poursuites pénales systématiques pour tous ceux qui sont arrêtés après avoir franchi la frontière de manière illégale.

Comment les élus américains tentent-ils de résoudre la situation ?

Lundi puis hier, les gouverneurs de plusieurs États américains – Maryland, Delaware, Massachusetts, New York, Rhode Islands, Connecticut et Virginie – ont annoncé qu’ils renonçaient à envoyer du personnel et du matériel près de la frontière mexicaine pour appliquer la politique de « tolérance zéro ». Divisés sur le sujet, les élus républicains du Sénat et de la Chambre des représentants ont proposé des textes différents pour réformer l’immigration et mettre fin aux séparations familiales. Donald Trump souhaite cependant qu’une telle loi reprenne ses engagements de campagne sur l’immigration, comme le financement d’un mur entre le Mexique et les États-Unis pour empêcher les entrées illégales dans le pays. Plusieurs élus démocrates se sont dits opposés à une loi pour répondre à l’urgence de la situation des séparations familiales, estimant qu’un décret présidentiel suffirait pour y mettre un terme.

Quelles sont les réactions à l’international ?

La Première ministre britannique, Theresa May, a jugé aujourd’hui « profondément choquantes » les images d’enfants « détenus » aux États-Unis. Hier, le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, avait lui aussi jugé ces images « choquantes », ajoutant que l’Europe et les États-Unis ne partagaient « pas le même modèle de civilisation ». L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a condamné aujourd’hui la politique américaine en déclarant que « la séparation n’est certainement pas dans le meilleur intérêt de l’enfant ». « Penser qu’un État puisse chercher à dissuader des parents » de venir sur son territoire « en infligeant de tels abus sur des enfants est inadmissible », avait déclaré la veille le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.